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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Corinne Isnard Bagnis. Mettre la souffrance à distance
Serge Cannasse le 10-02-18

Néphrologue à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, elle a écrit le Que sais-je ? sur la méditation de pleine conscience, pratique qu'elle a introduite à l'hôpital pour les patients et à l'université pour les soignants.

Qu'est-ce que la méditation de pleine conscience ?
C'est une pratique fondée sur l'attention, soit en se focalisant sur un objet qui peut être son corps, sa respiration ou ses émotions, soit en se rendant disponible à tout ce qui survient au moment de l'exercice : les phénomènes physiques, les pensées, les affects. La seule consigne est d'accueillir ce qui est déjà présent, mais bien souvent non perçu, et de le faire sans jugement. Ce dernier point est important. Il s'agit d'être bienveillant à l'égard de soi-même, de laisser venir pensées et émotions en essayant de ne pas les interpréter, mais seulement de les reconnaître, de les identifier et de les nommer. Par exemple, si une douleur est ressentie pendant l'exercice, on laisse venir toutes les inquiétudes et les craintes pour l'avenir qui y sont attachées, mais sans s'y fixer.
La méditation de pleine conscience est héritée de l'une des plus anciennes traditions contemplatives de l'Inde, un art de vivre proposant la transformation de soi par l'observation. Le Dr Jon Kabat-Zinn l'a en quelque sorte rendue laïque et a construit une méthode qu'il a appelée MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), à laquelle je me suis formée et dont je m'inspire dans les projets que je développe en France.

En pratique ?
Prenons comme exemple ce que nous appelons le balayage corporel. Le pratiquant est immobile…