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Dolutégravir : à éviter pendant la grossesse
ANSM le 20-06-18

(Extraits du point d’information de l’ANSM du 28 mai 2018 et de la Lettre aux professionnels de santé (ANSM) du 5 juin 2018)

Dolutégravir (Tivivay, Triumeq, Juluca) : des anomalies de fermeture du tube neural signalées chez des enfants nés de mères traitées par le dolutégravir pendant la grossesse

En France, selon les recommandations thérapeutiques de prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, coordonnées par le Professeur Morlat (dernière version d’octobre 2017), le dolutégravir est à éviter au cours de la grossesse au regard de l’insuffisance de données disponibles. Le signal d’anomalie de fermeture du tube neural vient renforcer cette recommandation.

Or, dans une large étude observationnelle en cours menée au Botswana et évaluant des issues de grossesse, l'étude Tsepamo, une analyse préliminaire a identifié 4 cas d'anomalies de fermeture du tube neural chez 426 nourrissons nés de femmes ayant pris du dolutégravir en association avec d’autres antirétroviraux avant la conception (incidence d'environ 0,9 % par rapport à l’incidence attendue dans l’étude d'environ 0,1 %).

 

Recommandations

Bien que l'évaluation de ce nouveau signal soit toujours en cours, l'ANSM recommande, en application du principe de précaution et en lien avec l'EMA et les recommandations thérapeutiques françaises :  

Aux prescripteurs

- ne pas prescrire le dolutégravir chez une femme envisageant une grossesse ;

- rechercher systématiquement une grossesse avant d’initier un traitement par dolutégravir chez une femme en âge de procréer. Une contraception doit être prescrite chez les femmes en âge de procréer recevant du dolutégravir, pendant la durée de leur traitement ;

- remplacer rapidement le dolutégravir par un autre antirétroviral chez toute femme traitée par dolutégravir au 1er trimestre de la grossesse, dans la mesure des possibilités d’alternatives thérapeutiques appropriées pour la patiente.

Aux femmes infectées par le VIH enceintes sous dolutégravir

Si vous êtes enceinte et traitée par dolutégravir, vous devez rapidement contacter votre médecin. En effet vous ne devez pas arrêter votre traitement sans qu’il puisse être remplacé car cela pourrait avoir des conséquences pour vous (votre infection à VIH ne serait plus contrôlée) et pour votre enfant à naître (en termes de risque d’acquisition de l’infection par le VIH). Votre médecin évaluera au cas par cas le rapport bénéfice/risque du dolutégravir en prenant en compte le terme de votre grossesse et la disponibilité d’alternatives thérapeutiques pour maintenir le contrôle de votre infection.

Aux femmes infectées par le VIH et en âge de procréer

- vous devez signaler à votre médecin si vous envisagez une grossesse afin qu’il adapte votre traitement antirétroviral, en prenant en compte ce signal récent de risque potentiel de malformations congénitales en cas de traitement par dolutégravir au moment de la conception et au 1er trimestre ;

- si votre médecin, après avoir évalué le rapport bénéfice/risque de la poursuite ou non du traitement, a considéré que le dolutégravir était la seule option possible selon votre histoire clinique et thérapeutique, vous devrez faire un test de grossesse avant d’initier le traitement et poursuivre la contraception durant le traitement par dolutégravir.

 







En savoir plus :

Point d’information de l’ANSM du 28 mai 2018

La Lettre aux professionnels de santé (ANSM) du 5 juin 2018 

TAG(s) : Gynécologie-Obstétrique - Infectiologie