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Dossier DERMATOSES ET ENVENIMATIONS MARINES
Jean-Jacques Morand le 23-07-18

Urticaire, prurit, infections, piqûres, suppurations…

Ce dossier aborde les manifestations cutanéomuqueuses déclenchées, aggravées ou favorisées par l'eau, qu'elle soit douce ou salée, et les infections ou envenimations en milieu marin, plus fréquentes en zone tropicale. Ces dernières concernent volontiers le voyageur qui méconnaît les dangers de la faune et de la flore locales ; leur gravité est parfois extrême, les douleurs ou les effets cardiovasculaires ou neurotoxiques associés pouvant entraîner une noyade.

URTICAIRE AQUAGÉNIQUE
Cette forme rare d'urticaire touche le plus souvent les femmes. Elle se traduit par des micro-maculopapules érythémateuses, en général folliculaires, survenant quelques minutes après le contact avec l'eau, quels que soient le degré de salinité et la température (toutefois, certaines formes localisées déclenchées uniquement par l'eau salée ont été décrites).
Elle se distingue de l'urticaire au froid (bien qu'il soit préférable de réaliser le même bilan et notamment la recherche de cryoglobulines et d'agglutinines froides) ou au chaud, où le facteur en cause est la température et non pas l'eau. Sa physiopathologie n'est pas complètement élucidée. Principal diagnostic différentiel : urticaire cholinergique, induite par l'effort.
La complication majeure est le choc. Les formes familiales sont assez rares. Pour affirmer le diagnostic, un test à l'eau est effectué en milieu médical (l'allergologue appose une compresse d'eau à température corporelle dans le dos du patient et la laisse en place pendant une demi-heure).
Le traitement, difficile, repose principalement sur les antihistaminiques anticholinergiques (hydroxyzine, polaramine) mais surtout sur la prévention (limiter la durée des douches au strict minimum, porter des gants pour la vaisselle ou les tâches ménagères nécessitant l'utilisation d'eau…). Plus récemment, l'omalizumab (anti-IgE) a été tenté avec succès (pas encore d'AMM)…