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oxygène
Génétique et épigénétique de l'obésité : les pistes pour comprendre
Béatrice Dubern le 30-11-19

L'obésité est une pathologie multifactorielle actuellement considérée comme une maladie des centres régulateurs du poids avec une forte prédisposition génétique dont l'expression est modulée par les facteurs de l'environnement (mode de vie, manque de sommeil, facteurs épigénétiques, etc.).

La contribution de la génétique est actuellement schématisée de la façon suivante : les obésités monogéniques non syndromiques et syndromiques (environ 5 % des obésités) et l'obésité dite polygénique (obésité commune) qui est la situation la plus souvent rencontrée (95 % des cas). Les déterminants environnementaux interagissent étroitement avec les facteurs génétiques pour conduire au déséquilibre de la balance énergétique. Il s'agit de déterminants précoces pré- et post-nataux incluant les phénomènes épigénétiques, sociétaux (mode d'alimentation, niveau d'activité physique) ou psychologiques pouvant provoquer une dysrégulation du contrôle de la balance énergétique et conduire à un excès pondéral. Ces derniers sont le plus souvent un facteur déclenchant qui révèle ou aggrave une prédisposition à l'obésité, en particulier chez l'enfant.

Obésités monogéniques non syndromiques
L'impact de la génétique est ici majeur et très peu dépendant des facteurs environnementaux. Ces obésités sont principalement causées par des mutations dans les gènes de la voie leptine-mélanocortines qui joue un rôle clé dans le contrôle de la prise alimentaire (v. figure). Elles sont majoritairement de transmission autosomique récessive et caractérisées par des obésités sévères le plus souvent associées à des anomalies endocrines ou parfois neurodéveloppementales. L'évolution pondérale est rapide, avec une obésité se développant dès les premiers mois de vie, le plus souvent sans rebond d'adiposité, associée à une hyperphagie majeure. D'autres phénotypes y sont…