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Sommaires de la revue du praticien
oxygène
Jean-Christophe Weber. Répondre à la demande d'un individu souffrant
Serge Cannasse le 30-10-17

Professeur de médecine interne aux hôpitaux universitaires et à la faculté de médecine de Strasbourg, il publie La consultation (PUF, Questions de soin, 2017, 176 pages, 12 euros).

Vous défendez une image traditionnelle de la médecine
Je défends la médecine clinique, fondée depuis ses origines sur la demande d'un être particulier vivant, parlant et souffrant. Elle suit une méthode, dont la trame a peu varié depuis Hippocrate, même si les moyens employés ne cessent d'évoluer : attention à l'anamnèse, examen détaillé du corps du malade, formulation d'hypothèses diagnostiques hiérarchisées en fonction de leur degré de vraisemblance, quelques examens complémentaires pour les vérifier. C'est une médecine économe en moyens technologiques, donc aussi financièrement. On peut penser qu'elle demande du temps. D'une part, ça n'est pas toujours vrai. D'autre part, consacrer du temps à une première consultation en fait souvent gagner énormément par la suite, y compris pour le patient, si cela peut lui éviter d'errer d'un spécialiste à l'autre, d'un bilan à l'autre.
Cette médecine m'a été transmise pendant ma formation et je la reconnais chez des collègues qui pourtant n'exercent pas dans le même domaine que moi. Cela ne veut pas dire que nous faisons tous la même chose, chacun a son style propre. Le mien est fortement marqué par l'attention portée au langage du patient, qui me vient de mon intérêt pour la psychanalyse.
J'ai l'impression désagréable que cette médecine clinique devient minoritaire. Dorénavant, tout se passe comme si tel signe déclenchait un certain nombre d'examens complémentaires censés éliminer une série de diagnostics. Une douleur thoracique même légère conduira à une batterie de tests…