La thérapie foetale, état des lieux et perspectives | La Revue du Praticien
Espace abonné | connectez-vous
Image mystérieuse
Cliquez pour vous tester
A quoi pensez-vous ?

Photothèques
Sommaires de la revue du praticien
oxygène
La thérapie foetale, état des lieux et perspectives
Yves Ville le 30-01-18

1 000 à 3 000 grossesses par an sont concernées par un acte de thérapie foetale. Certains succès sont évidents, mais d'autres interventions se heurtent à un faible niveau de preuve et à des incertitudes quant au risque de morbidité après la naissance.

La thérapie foetale s'est développée depuis 50 ans à partir des possibilités du diagnostic prénatal des maladies et malformations congénitales. Elle s'adresse à celles dont l'aggravation pendant la vie intra-utérine leur confère un caractère létal avant ou au décours de la naissance, ou conduit à la constitution de séquelles graves et irréversibles. Des traitements médicaux et chirurgicaux innovants sont alors administrés soit à la femme enceinte en utilisant le passage transplacentaire, soit directement au foetus de façon invasive pour la femme enceinte et le foetus lui-même.
La thérapeutique foetale vise donc soit à traiter l'anomalie, soit à ralentir ou interrompre son évolution jusqu'à la naissance, avant un traitement néonatal complet. Les intérêts de la femme enceinte et du foetus doivent être garantis par une approche scientifique et éthique rigoureuse et multidisciplinaire, au sein de centres d'excellence.
Les prérequis d'une thérapie foetale tiennent compte de la balance bénéfice-risque avec, d'un côté, la gravité estimée de l'affection et son potentiel d'évolution avant la naissance et, de l'autre, le bien-fondé de la stratégie envisagée et les risques qu'elle fait courir au foetus mais aussi à la mère. Ces prérequis ont été exposés dès 1982 :
- un foetus unique (singleton) dont l'anomalie est isolée et dont l'histoire naturelle défavorable et irréversible est prévisible. Cela repose sur l'échographie mais aussi l'imagerie par résonance…