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oxygène
Néphrectomie totale ou partielle dans le cancer du rein ?
Alexis Santy, Alexandra Masson-Lecomte, François Desgrandchamps le 10-02-18

Bien que plus complexe, la néphrectomie partielle s'impose pour les petites tumeurs.

Pourquoi la chirurgie partielle ?
Le traitement des masses rénales localisées est chirurgical et consiste en leur exérèse complète via l'ablation du rein dans son ensemble (néphrectomie totale) ou l'exérèse élective de la tumeur en préservant l'organe (néphrectomie partielle).
Pendant de nombreuses années, la néphrectomie totale élargie a été le traitement de référence des tumeurs rénales en termes carcinologiques. Cependant, il a été établi qu'elle entraîne à long terme une altération significative de la fonction rénale, source de comorbidités notamment métaboliques et cardiovasculaires, avec dans certaines études une incidence négative sur la survie globale.
En conséquence, la néphrectomie partielle s'est imposée progressivement comme stratégie chirurgicale conservatrice. Cette technique répond aux mêmes objectifs carcinologiques d'exérèse tumorale en marges saines que la néphrectomie totale, et permet une préservation du capital néphronique, et donc de la fonction rénale postopératoire. La néphrectomie partielle est actuellement le traitement de référence des tumeurs rénales de moins de 4 cm, et doit être privilégiée lorsqu'elle est possible pour des tumeurs de plus gros volume.
En termes carcinologiques, les études ont montré que la néphrectomie partielle est au moins équivalente à la néphrectomie totale en termes de récidive locale (de l'ordre de 8 à 12 %), de survie spécifique et de survie globale.
Certaines études suggèrent une diminution de la mortalité par événement cardiovasculaire chez les patients ayant bénéficié d'une néphrectomie partielle, ce qui peut expliquer la diminution observée de la mortalité globale, en particulier pour les petites tumeurs (< 4 cm).
Concernant le déclin de la fonction rénale, des données sont en faveur de la néphrectomie partielle car elle permet à la fois une meilleure clairance de la créatinine postopératoire (+12 mL/min en moyenne), une diminution du déclin de la fonction rénale (sans préciser à quelle échéance, -8,6 mL/min), et une moins grande probabilité de survenue d'une insuffisance rénale chronique (tous stades confondus).
Pour ce qui concerne le stade de l'insuffisance rénale, les données sont partiellement contradictoires, avec une étude suggérant un avantage significatif pour la néphrectomie partielle dans la survenue d'une insuffisance rénale modérée ; cet avantage n'est pas significatif pour la survenue d'une insuffisance rénale sévère ou terminale.
Une autre étude note, en revanche, une diminution cumulée du risque de survenue d'insuffisance rénale sévère de 61 % en cas de néphrectomie partielle…