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oxygène
Perturbateurs endocriniens et nouveaux mécanismes de toxicité
Robert Barouki le 11-01-19

Perturbateurs endocriniens. Leur découverte et l'étude de leurs modes d'action bouleversent les concepts classiques de la toxicologie et ouvrent des perspectives considérables pour comprendre l'interaction santé-environnement.

Au cours des dernières décennies, de nombreuses observations ont montré que certaines substances exogènes pouvaient interférer avec le système endocrinien et provoquer des effets toxiques. Ces substances peuvent soit modifier la quantité d'hormones ou leur transport, soit interférer avec leurs modes d'action, par exemple en se liant à leurs récepteurs. Cela a conduit à l'identification de perturbateurs endocriniens il y a plus de 25 ans en tant que nouvelle classe d'agents toxiques. Les systèmes hormonaux les plus ciblés par ces substances sont ceux des stéroïdes sexuels (estrogènes et androgènes) et des hormones thyroïdiennes qui ont été particulièrement étudiés. Il est probable que d'autres systèmes hormonaux sont aussi concernés.
Les observations sur les effets des perturbateurs endocriniens ont été faites autant dans le cadre des études sur les écosystèmes que dans le cadre d'études humaines. Elles ont été particulièrement parlantes lorsque le développement des organes sexuels et la reproduction chez les animaux marins dans des lacs ou rivières polluées ont été étudiés. Si les effets des perturbateurs endocriniens sur les animaux marins ont surtout révélé des altérations de la fertilité et du développement des organes reproducteurs, les effets suspectés chez l'homme sont plus larges. En effet, les études toxicologiques et épidémiologiques ont révélé des associations entre l'exposition aux perturbateurs endocriniens et une augmentation du risque de nombreuses conditions ou pathologies chroniques, en particulier l'obésité et les maladies métaboliques, le développement neurologique et les maladies neurodégénératives, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, les allergies et les maladies auto-immunes, ainsi que la réduction de la fertilité et les maladies du développement. Bien entendu, ces maladies ont des facteurs favorisants nombreux bien au-delà des contaminants chimiques…