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Précarité et diabète : de la prévention à l'aide des réseaux
Hélène Bihan, Sylvie Pierre, Aysegul Turna, Anne Festa le 20-11-18

Précarité. La précarité est un facteur de risque du diabète et aggrave son évolution, rendant souvent inopérante une approche uniquement médicale des patients. Pour autant, certaines études d'intervention montrent qu'il est possible d'agir avec plus d'efficacité.

La précarité est un facteur de risque de nombreuses maladies chroniques, dont le diabète. De ce fait, les patients diabétiques sont plus souvent précaires, et la maladie peut les fragiliser, notamment à cause des complications. Choix alimentaires, activité physique, cohérence du parcours de soins sont ainsi des enjeux importants pour ces patients.
En parallèle du constat des difficultés rencontrées, notre propos est d'illustrer les leviers et les changements obtenus grâce à certaines interventions. Une approche uniquement médicale risque d'être vouée à l'échec et d'autres approches sont utiles. Les personnes diabétiques souhaitent disposer d'un soutien psychosocial et de programmes d'éducation à la santé. L'étude Diabetes attitudes, wishes and needs en témoigne. Le réseau AcSanté 93 existant depuis 15 ans en Seine-Saint- Denis prend en charge les personnes ayant un cancer et/ou une maladie chronique grave et, depuis 2014, les patients diabétiques. Par les propos de patients accueillis au réseau, nous illustrons ici les bénéfices du groupe et des approches alternatives.

Précarité : facteur de risque
Que l'approche soit individuelle ou géographique, la prévalence du diabète est environ 2 à 3 fois supérieure chez les sujets de plus bas niveau d'éducation ou vivant dans des zones pauvres. En France, le gradient est plus marqué chez les femmes ; pour les hommes, le gradient est plus faible, ce qui peut s'expliquer par le côté protecteur de l'activité physique associée à un travail manuel (fig. 1). Un étude australienne longitudinale a rapporté que les personnes vivant dans des régions plus défavorisées ont un risque (odds ratio) estimé à 1,53 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07-2,18) de développer un diabète à 5 ans, et cela en ayant intégré pour chaque individu les…