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Quelle attitude adopter face à un patient potentiellement dangereux dans le poste professionnel qu'il occupe ?
Mathilde Boulanger le 11-09-17

Plusieurs événements dramatiques ont contribué à soulever, dans l'opinion publique, la question du rôle du médecin, lorsqu'il estime que son patient court un risque grave, à son poste de travail, pour lui-même, ou fait courir ce risque à des collègues ou des tiers. Que peut faire exactement le praticien dans cette situation ?

Le problème posé par un patient potentiellement dangereux n'est d'ailleurs pas limité à la sphère professionnelle ; la vie quotidienne peut tout autant être le théâtre de l'expression de personnes ayant des comportements dangereux pour elles-mêmes ou des tiers.

Dans quels postes un salarié serait "potentiellement dangereux" pour lui-même ou pour des tiers ?
Il n’existe pas de définition formelle, émanant d’autorités médicales ou législatrices, pas plus heureusement qu’une liste de pathologies qui seraient considérées de facto comme faisant courir un danger sur le lieu de travail à la personne qui en est atteinte, ou qu’une liste de postes de travail « sensibles ». En effet, l’appréciation médicale de l’adéquation du poste avec l’état de santé du salarié nécessite une évaluation précise des risques professionnels, donc une connaissance précise du poste de travail tel qu’il est défini dans l’entreprise, des possibilités d’aménagements de ce poste, connaissance que seuls possèdent le médecin du travail et l’équipe pluridisciplinaire de santé au travail.

Une forme d’exception à cette absence d’indications pourrait être l’ensemble des textes régissant les conditions physiques et psychiques requises pour exercer certains métiers avec une forte exigence de sécurité : par exemple, personnel technique et navigant de l’aéronautique, personnels du transport ferroviaire... On pourrait également citer l’arrêté établissant la liste des pathologies incompatibles avec l’obtention ou le renouvellement du permis de conduire ou nécessitant un avis spécialisé. Ces textes identifient donc certains métiers ou certaines tâches comme « sensibles » en ce qui concerne la sécurité des tiers. Néanmoins, s’ils peuvent servir de base à la réflexion des médecins prenant en charge un patient, ils n’ont pas de valeur contraignante hors de la médecine d’aptitude, dont les missions sont bien différentes de celles de la médecine et de la santé au travail. Ils n’autorisent pas non plus le médecin à violer le secret médical.






TAG(s) : Médecine du travail