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Santé des migrants en Europe : au-delà de la santé publique, un enjeu éthique et politique ?
Marc Gentilini le 20-09-19

Les migrations ne feront que croître. Quelle position adopter, conforme à nos valeurs ?

"Tout homme a le droit de partir. C'est son pays qui doit le persuader de rester." (Amin Maalouf)

Migrer est dans l'ADN de l'homme, de tout temps, partout : les hommes ont migré, migrent, migreront.
À cette migration structurelle s'oppose la migration conjoncturelle, celle de l'actualité, qui trouble ou irrite trop souvent encore, facteur de méfiance, de rejet, de xénophobie. Les causes en sont multiples : économiques (misère, chômage), politiques (guerres, guérillas, dictatures, tortures), confessionnelles, plus ou moins liées aux précédentes, climatiques (réchauffement planétaire), perturbations telluriques (sismiques) ou océaniques (tsunami), sanitaires ou nutritionnelles, des disettes aux famines et à la carence en eau.
La définition du migrant est complexe : migrant, immigrant, immigré, émigré, émigrant, exilé, déplacé, réfugié, population mobile… En règle, pour beaucoup, un étranger, parfois un envahisseur ! Opposer migrants économiques et migrants politiques, les uns à la recherche d'un travail, les autres de sécurité, de paix, d'asile, est commode administrativement mais artificiel éthiquement ; tous fuyant une situation jugée intolérable ou sans issue. Il n'en reste pas moins que l'approche de ces deux grandes catégories d'immigrés est statutairement différente. Ce qui relie les uns aux autres est la situation douloureuse ou difficile dans laquelle ils se trouvent et qui les incite à quitter leur pays d'origine. "Les gens heureux ne migrent pas." Pour tous, aux conséquences des violences et/ou de la précarité vécues s'ajoutent les difficultés d'un parcours vers le pays d'accueil, dangereuses, parfois…