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oxygène
Trente-cinq ans de DCCT
Vincent Rigalleau, Laurence Blanco, Laure Alexandre, Kamel Mohammedi le 02-07-18

Le Diabetes Control and Complications Trial (DCCT) est la base majeure qui dicte notre prise en charge du diabète de type 1. Il est difficile, aujourd'hui, de rédiger un article concernant cette pathologie sans y faire référence, ou de délivrer un cours de diabétologie sans le présenter. Sans équivalent, sans concurrent, le DCCT reste vivant et source de résultats originaux, trente-cinq années après la publication de ses premiers résultats.

Avant le DCCT
Jusqu'à la découverte de l'insuline par Banting en 1921, le diabète insulinodépendant était une maladie rapidement mortelle, malgré les multiples tentatives de traitement, notamment diététique. Les injections d'insuline ont permis des survies prolongées, et le diabète est devenu une maladie chronique, avec un risque de complications vasculaires qui n'avaient jusqu'alors été décrites, au xixe siècle, que chez les diabétiques non insulino-dépendants. Il était logique d'espérer que la normalisation au long cours des glycémies permette d'éviter ces complications.
Les travaux de cliniciens précurseurs étaient en faveur de cette hypothèse, par exemple ceux de Jean Pirart qui avait montré dans les années 1950 que ses patients dont les glycémies étaient les moins élevées, dosées à l'époque à l'aide de comprimés réactifs, avaient moins de complications, ou ceux de l'équipe de l'Hôtel-Dieu à Paris dans les années 1970, avec l'apparition de moins de microanévrismes rétiniens sous multi-injections quotidiennes d'insuline.
Mais ce n'était pas certain, et les arguments qui pouvaient plaider contre le contrôle glycémique restent intéressants à considérer maintenant que la réponse est connue : avant tout, les hypoglycémies, qui se sont confirmées et restent une limite importante ; ensuite les aggravations initiales (early worsening) de rétinopathies avec la baisse des glycémies, notamment sous pompe à insuline, confirmées dans les premières années du DCCT, mais heureusement transitoires dans la majorité des cas. Au-delà de ces risques, la faisabilité même d'un contrôle glycémique durable…