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Troubles liés aux traumatismes chez les enfants
Thierry Baubet, Dalila Rezzoug le 30-03-18

Pédopsychiatrie. Les rencontres traumatiques sont fréquentes dans l'enfance et à l'adolescence. Toutes ne conduisent pas à l'apparition d'un trouble de stress post-traumatique, mais certains arguments montrent que lorsqu'ils sont présents, ces troubles sont trop souvent minimisés par les parents et même par les professionnels.

Chez l'adulte, les troubles liés aux traumatismes psychiques sont connus et étudiés dans des contextes militaires ou civils depuis la fin du xixe siècle, sous le terme de névrose traumatique ou névrose de guerre. À partir de 1980, la troisième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) consacre le terme de "trouble de stress post-traumatique". Cependant, la question n'est pas spécifiquement étudiée chez l'enfant. Durant la Seconde Guerre mondiale, Anna Freud et Dorothy Burlingham sont les premières à s'intéresser aux symptômes apparaissant chez les enfants soumis aux bombardements de l'aviation allemande à Londres. Elles constatent que les enfants font mieux face au traumatisme quand ils sont avec des parents calmes et supportant la situation, mais que, toutefois, l'aide de l'entourage ne prévient pas toujours les perturbations tardives. Pour Anna Freud, le traumatisme est lié à un événement soudain et inattendu de nature et d'intensité telles qu'il provoque un excès de stimulation et un débordement des capacités d'adaptation de l'enfant. Il faut attendre les années 1970 pour trouver des études systématiques en contexte de catastrophes naturelles, accidents ou agressions, notamment avec les travaux de Terr aux États-Unis, qui ont porté sur l'évaluation et le suivi d'enfants pris en otages dans un bus scolaire.
En 1980, le diagnostic d'état de stress post-traumatique fait son apparition dans le DSM-III. La notion d'atteinte possible de l'enfant ne devient explicite qu'à partir de la révision de la classification…