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oxygène
Un défi pour la gynécologie-obstétrique : promouvoir la bientraitance pour éradiquer la maltraitance dans les soins
Alexandra Benachi, Ghada Hatem, Jean Thévenot, Israël Nisand le 20-11-17

Face aux accusations de maltraitance, la seule attitude responsable et respectueuse est d'analyser les faits pour comprendre comment nous en sommes arrivés à ces situations et surtout tout mettre en oeuvre pour qu'elles ne se reproduisent pas.

Il n'y a jamais de fumée sans feu : le déversement de violences contre nos pratiques et notre profession trouve son origine dans des faits avérés. Depuis quelques mois, les réseaux sociaux et certains médias relayent des témoignages de patientes rapportant des cas de maltraitance évidente en gynécologie-obstétrique. Alors que faire ? Nier et traiter par le mépris ces accusations, certainement pas. Ce serait indigne de professionnels attentifs à la qualité des soins qu'ils dispensent.
M. Winckler, qui a particulièrement critiqué notre profession, débute son livre Les Brutes en blanc par une belle phrase de Brecht : "Celui qui ne connaît pas la vérité n'est qu'un imbécile. Mais celui qui connaît la vérité et la qualifie de mensonge est un criminel". Quelle est donc cette vérité envoyée aujourd'hui avec une brutalité non dissimulée aux visages des soignants en périnatalité ?
Gynécologues-obstétriciens, nous avons choisi un métier difficile. Six années de médecine, 5 années de spécialisation au cours desquelles nous avons été de garde la nuit 1 jour sur 4, voire 1 jour sur 2 et pour beaucoup d'entre nous, encore en exercice, le repos compensateur n'exist(e)ait pas. Les patientes accouchent la nuit, et nos nuits sont souvent courtes. La démographie médicale de notre spécialité pâtit de sa pénibilité, et à plus de 50 ans (là où d'autres spécialistes ou généralistes renoncent aux gardes volontairement), la plupart d'entre nous continuent à enchaîner les gardes…