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oxygène
Une dyspnée aiguë dans les suites d'un cancer du sein traité par trastuzumab
Martin Nicol, Mathilde Baudet, Alain Cohen Solal le 30-03-18

Observation. Madame B, âgée de 40 ans, originaire d'Afrique subsaharienne, se présentait aux urgences en mai 2017 pour une dyspnée de stade NYHA III (classification de la New York Heart Association) et une toux nocturne. Elle avait comme antécédents un carcinome canalaire infiltrant mammaire gauche de grade III et une hypertension artérielle essentielle connue depuis plusieurs années sans traitement. Le cancer du sein découvert en octobre 2016 avait d'abord été traité par 4 cycles de chimiothérapie débutés en décembre 2016 associant épirubicine (anthracycline) à 75 mg/m2 (dose totale cumulée de 300 mg/m2) et cyclophosphamide à 750 mg/m2, puis 12 injections de paclitaxel (taxane). La patiente avait reçu une injection de 8 mg/kg de trastuzumab en février, et en avril elle avait eu une mastectomie avec curage ganglionnaire gauche.

Quelles sont les hypothèses diagnostiques à ce stade ?
Plusieurs diagnostics sont à évoquer devant ce tableau de dyspnée. Tout d'abord, des causes cardiaques :
- un oedème pulmonaire cardiogénique en rapport soit avec une cardiopathie hypertensive (hypertension artérielle déséquilibrée par la chimiothérapie), soit avec une cardiopathie toxique (anthracyclines et/ou trastuzumab) ;
- une embolie pulmonaire dans un contexte de cancer augmentant le risque thromboembolique.
Ensuite, des causes pulmonaires, parmi lesquelles :
- une pneumopathie infectieuse dans un contexte d'immunodépression induite par les chimiothérapies ;
- un épanchement pleural métastatique, voire une lymphangite carcinomateuse…