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oxygène
Vieillir avec un autisme
Shasha Morel-Kohlmeyer le 20-06-19

Il existe très peu d'études sur le vieillissement des personnes ayant un trouble du spectre de l'autisme, lesquelles ont peut-être une vulnérabilité face aux effets du vieillissement physiologique, d'où une vigilance particulière de leur état de santé tant sur le plan somatique que cognitif.

L'autisme influence le développement de l'individu tout au long de la vie et implique différentes présentations cliniques et trajectoires d'évolution. Si les recherches ont permis de mieux comprendre cette condition chez l'enfant et le jeune adulte, la question de son évolution au cours du vieillissement reste encore largement inconnue. Ainsi, un groupe de réflexion soulignait en 2017 le peu d'études scientifiques concernant le vieillissement des personnes ayant un trouble du spectre de l'autisme et l'enjeu que représente cette question dans le contexte du vieillissement de la population mondiale. Ce manque de connaissances s'explique par un aspect historique, à savoir que les premières descriptions cliniques de l'autisme remontent aux années 1940 et que ce diagnostic n'a été intégré dans les classifications internationales des troubles mentaux en tant qu'entité clinique à part entière uniquement partir de la 3e version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) en 1980. De ce fait, les toutes premières personnes décrites par Leo Kanner seraient aujourd'hui théoriquement âgées d'environ 70 ans. Cela amène à deux constats : premièrement, nous manquons de recul et d'un accès à une population vieillissante avec autisme suffisante pour évaluer finement l'évolution de cette condition au cours du vieillissement ; deuxièmement, parmi les personnes âgées de la population générale, un certain nombre ont probablement un autisme non diagnostiqué, qu'il s'agisse de personnes n'ayant jamais reçu aucun diagnostic ou de personnes ayant un diagnostic autre (déficience intellectuelle, psychose infantile, trouble de la personnalité, schizophrénie, démence lobaire fronto-temporale... ). Cela implique que ces personnes reçoivent peu ou pas de soins ou alors des soins peu adaptés à leur…