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Histoire de la médecine
Au XIXe siècle, les femmes à l’assaut de la médecine
Josette Dall’Ava-Santucci le 15-01-05

Exclues par la création des universités et durant 7 siècles de l’exercice médical, les femmes forcent non sans mal, à la fin du XIXe siècle, les portes de la Faculté de médecine et des hôpitaux. En France leur accession au concours de l’internat sera homérique…

Aujourd’hui, partout dans le monde, le nombre des femmes médecins augmente régulièrement. Mais si les portes des facultés leur sont très largement ouvertes, les couloirs tortueux du pouvoir médical leur sont le plus souvent inaccessibles : on trouve peu de femmes aux niveaux élevés de la hiérarchie et dans les instances de décision. En France, en 15 ans, le pourcentage de femmes médecins est passé de 28 à 38 %, mais les femmes professeurs ne forment encore que 9%de l’effectif total, pourcentage inférieur aux 13%de femmes préfets ou ambassadeurs ! Nul doute que ces difficultés sont les séquelles d’une longue histoire entre les femmes et la médecine, histoire au cours de laquelle rien n’a jamais été donné, mais au contraire enlevé aux femmes. En effet, l’homme primitif chassait, sa compagne cueillait. De cueillette en chaudron, de brouet en guérison, la médecine en vint bientôt à se conjuguer au féminin, jusqu’au Moyen Âge où la création des universités éloigne les femmes du savoir médical et traite de « sorcière » toute femme qui se mêle de soigner. La parenthèse va durer sept siècles. Sept siècles d’exclusion et de clandestinité, pendant lesquels les filles d’Hippocrate persistent et soignent,même si elles risquent le bûcher ou la prison, même si elles doivent se travestir en homme, ce qui fut souvent le cas. Au XIXe siècle enfin, elles luttent et gagnent le droit de fréquenter les facultés et d’obtenir des diplômes.