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Histoire de la médecine
Jean Comandon et les débuts de la microcinématographie
Thierry Lefebvre le 15-09-03

Si, de nos jours, la cinématographie de l’« infiniment petit » touche à de nombreux domaines de la connaissance, sa mise au point, au début du XXe s., fut avant tout le fait de médecins. L’Allemagne, l’Angleterre et la France contribuèrent à tour de rôle à l’épanouissement de cette nouvelle technique, mais l’originalité et la longueur exceptionnelle du parcours professionnel du Dr Jean Comandon (1877-1970) en firent la figure de pionnier la plus marquante et la plus unanimement célébrée par les historiens du cinéma.

Dès 1840, Léon Foucault et le Dr Alfred Donné (1801-1878) élaborèrent le premier « microscope- daguerréotype » grâce auquel ils publièrent, 5 années plus tard, un étonnant atlas microphotographique. Les progrès constants de la prise de vue durant les 3 décennies suivantes rendirent rapidement cette technique de scrutation et d’enregistrement du réel opérationnelle. Ainsi, au seuil des années 1870, la plupart des fabricants d’appareils optiques (Zeiss et Nachet par exemple) proposaient plusieurs modèles de « chambres obscures microphotographiques » à leur clientèle de laboratoires.
La microchronophotographie naquit pour sa part à Naples, probablement en mars 1891, sous l’impulsion d’Étienne-Jules Marey (1830-1904): conseillé par Alfred Nachet, l’illustre physiologiste combina sa chambre noire chronophotographique (l’ancêtre du cinématographe) à un microscope solaire. Des grossissements pouvant atteindre 1000 diamètres lui permirent de fixer sur la pellicule les mouvements d’une daphnie et de vorticelles, les contractions d’une fibre musculaire d’insecte ou le flux des globules sanguins dans les vaisseaux capillaires. La diaphanoscopie, c’est-àdire l’observation de l’anatomie interne des organismes transparents, retint tout particulièrement son attention: « [je] suis sûr d’avoir là un champ d’études intéressant […] », écrivait-il ainsi à son assistant Georges Demenÿ, le 8 avril 1891.