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Histoire de la médecine
L’affaire du Stalinon et ses conséquences réglementaires, 1954-1959
Christian Bonah le 15-09-07

«Sécurité sanitaire» et innovation thérapeutique en France il y a 50 ans.


Le Stalinon, médicament à base d’étain contre la furonculose, ayant obtenu son visa en 1953 pour être commercialisé, provoqua l’année suivante une catastrophe sanitaire. Le scandale fut à l’origine de la modification des règles d’autorisation et de contrôle des médicaments par l’ordonnance du 4 février 1959, établissant le «visa nouvelle législation», une étape significative dans l’histoire de la législation pharmaceutique en France.

En 1952, afin de développer l’activité du modeste laboratoire qu’il dirige à Saint-Mandé, le pharmacien Georges Feuillet décide de créer une spécialité nouvelle de large diffusion associant un dérivé organique d’étain – connu pour son action antistaphylococcique – et des acides gras, la vitamine F, réputée régénératrice de la peau. Le produit nouveau trouve son indication dans le traitement de la furonculose et d’autres maladies infectieuses bénignes. Feuillet s’adresse, pour obtenir le dérivé organique, à la société Syntha, établissement industriel spécialisé dans la chimie de synthèse. Sans autre contrôle, le pharmacien transmet le di-iododiéthylétain (DIDEE) qu’il a reçu et passe commande à ses façonniers habituels, les Établissements pharmaceutiques Février, Decoisy et Champion (FDC), de perles à confectionner. Il transmet quelques grammes de la première fabrication au Laboratoire national de contrôle des médicaments (LNCM)* qui établit des tests de toxicologie pour son compte. En même temps, Feuillet demande au Service central de la pharmacie le transfert à son laboratoire de la Stannomaltine,...