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Histoire de la médecine
Le Dr Joseph Raulin, médecin de Louis XV
Bernard Hoerni le 20-11-18

Histoire de la médecine. Le parcours de Joseph Raulin dont les centres d'intérêt furent nombreux illustre bien ce flottement qui caractérise la médecine au xviiie siècle coincée entre de vieilles doctrines et de nouvelles préoccupations hygiénistes. Dix ans seulement après sa mort, Pinel, Cabanis, Bichat… incarneront un monde médical radicalement différent.

Né à Ayguetinte, dans ce qui deviendra le Gers, le 19 mars 1708, Joseph Raulin fait ses études à la faculté de médecine de Bordeaux. Après réception de son diplôme de docteur, il s'installe brièvement à Condom, avant de migrer à Nérac comme médecin pensionné de la ville, où il se marie et rencontre le succès. Mais il est plutôt porté sur une vie studieuse et retirée. Il "cherche un théâtre plus vaste où il pourrait profiter des lumières d'autrui et communiquer les siennes", ce qui le pousse à aller, sur les conseils de son ami Montesquieu qu'il rencontre souvent à Bordeaux ou chez lui à La Brède, en 1755, à Paris, où sa réputation l'a précédé. "Il parlait avec plus de savoir que d'agrément ou d'intention de plaire." Il y établit une bonne clientèle et, en 1757, devient médecin par quartier de Louis XV, peut-être sous l'influence de son voisin d'origine Jean-Bertrand Sénac (1693-1770), nommé premier médecin du roi en 1752. En 1767, il est nommé censeur royal pour la section histoire naturelle, médecine et chimie, puis, à la création de la Commission royale de médecine, délégué à l'étude des eaux minérales, avant d'être nommé "inspecteur général des eaux minérales", fonction créée par Henri IV en 1605.
Ces fonctions lui permettent une importante production de livres, "regardés comme sagement et toujours correctement écrits", qui contribuent à lui apporter nombre de distinctions : membre des Académies royales des sciences, belles lettres et arts de Rouen et Bordeaux, de Châlons-sur-Marne et de celle des Arcades de Rome ; agrégé honoraire au Collège royal des médecins de Nancy ; médecin de la ville de Nérac ; membre de la Royal Society de Londres (fondée en 1660) à partir de 1763 ; professeur de médecine au Collège royal, fondé par François Ier en 1530 (futur Collège de France) à partir de 1776. Ses ouvrages sont dominés par son activité de médecin-accoucheur. Il mourut le 12 avril 1784.
Son fils, également médecin, qui obtint grâce à lui divers titres, ne semble pas avoir été à la hauteur de ses charges et mourut au début de la Révolution…