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Histoire de la médecine
Moi, Téreus, enceinte et battue
Danielle Gourevitch, Antonio Ricciardetto le 20-06-18

Antiquité. Les papyrus égyptiens révèlent de nombreuses plaintes aux autorités concernant des faits de violence. La grossesse de la femme battue est une circonstance aggravante, en particulier si celle-ci décède, mais la mort de l'enfant n'est pas prise en compte.

La masse des papyrus découverts dans les sables d'Égypte, où le climat chaud et sec a permis leur conservation, a livré une foule de documents officiels et privés écrits en grec, qui a été la lingua franca du pays, de la conquête d'Alexandre le Grand en 332 avant notre ère, à celle des Arabes, près d'un millénaire plus tard, en 641. Offrant la possibilité d'établir un contact direct avec les habitants du Pays du Nil, ces textes de nature variée apportent une contribution inégalée à la connaissance de l'Égypte gréco-romaine. Parmi ceuxci, on compte un grand nombre de plaintes ou pétitions adressées à une autorité, concernant des actes de violence physique ou verbale, économique ou psychologique (généralement, plusieurs de ces raisons à la fois), commis à l'encontre de particuliers, hommes et femmes de tout âge, condition physique ou sociale. Elles constituent autant d'aperçus vivants sur les relations personnelles et sociales dans l'arrière-pays égyptien. Les femmes enceintes n'échappent pas à ces agressions, et l'on dispose à ce jour d'un corpus d'une dizaine de plaintes sur papyrus relatives à des coups qu'elles ont reçus. Datés du IIe siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C., ces documents proviennent de villages de la région du Fayoum, située à une centaine de kilomètres au sud du Caire, mais aussi de Moyenne ou de Haute-Égypte.

Des querelles qui dégénèrent
Demande d'emprisonnement préventif
Le plus ancien parmi tous les cas connus à ce jour apparaît dans une pétition malheureusement fragmentaire retrouvée à Tebtynis, dans le Fayoum (P.Tebt. III.1 800). Remontant au IIe siècle avant notre ère, elle est adressée par le juif Sabbataios, probablement un paysan salarié de son village…