Une étude française publiée dans The Lancet Rheumatology évaluait l’action de l’anakinra, un antagoniste des récepteurs de l’interleukine, chez les personnes atteintes d’une forme grave de Covid-19. Ses conclusions : la molécule réduit la nécessité de ventilation mécanique invasive et la mortalité chez ces patients.

 

Ce traitement ciblait la production d’interleukines (IL)-1β, IL-6, impliquées dans l’orage cytokinique responsable du syndrome de détresse respiratoire aiguë observé dans les formes graves de l’infection à SARS-CoV-2. L’étude, menée par le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, comparait une cohorte de 52 patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés pour une forme sévère de Covid-19 entre le 24 mars et le 6 avril, traités par anakinra par voie sous-cutanée (100 mg 2 fois par jour pendant 72 h, puis 100 mg par jour pendant 7 jours) en plus des soins standard, et un groupe contrôle historique de 44 patients avec les mêmes critères d’inclusion, recevant les soins standard.

Dans le groupe anakinra, 13 patients (25 %) furent admis en réanimation pour une ventilation mécanique invasive ou sont décédés, contre 32 sujets (73 %) du groupe contrôle, sans que des effets secondaires graves soient observés dans le premier. La confirmation de l’efficacité de cette molécule nécessitera toutefois des essais contrôlés.

Huet T, Beaussier H, Voisin O, et al. Anakinra for severe forms of COVID-19: a cohort study. The Lancet Rheumatology, 29 mai 2020. https://doi.org/10.1016/S2665-9913(20)30164-8

Laura Martin Agudelo, La Revue du Praticien