La perte d’odorat étant l’un des symptômes fréquemment associés au Covid-19, certaines études ont suggéré qu’elle serait due à une infection des neurones olfactifs par le virus. Cependant, une étude conduite chez le hamster par des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) suggère que, si le SARS-CoV-2 infecte en effet diverses cellules de la muqueuse nasale, il épargne les nerfs olfactifs.

 

Comprendre la capacité qu’aurait le nouveau coronavirus de passer dans le système nerveux central – en l’occurrence à travers le « rail olfactif » – est un enjeu important eu égard au nombre de patients atteints de Covid-19 ayant eu des manifestations neurologiques, notamment dans les cas sévères de la maladie. En ce qui concerne les neurones olfactifs, cette étude a montré que le SARS-CoV-2 est capable d’infecter massivement leurs cellules de soutien, dites cellules sustentaculaires (grâce à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 [ACE2], qui joue le rôle de récepteur pour le virus), mais sans toucher le nerf à proprement parler. Les chercheurs n’ont ainsi pas décelé la présence du virus dans le système nerveux central – plus précisément, dans le bulbe olfactif. Bonne nouvelle ? En tout cas, pour le hamster doré… et pour l’humain, si l’infection se déroule comme chez ce rongeur ! 

L’anosmie serait alors due à la desquamation de l’épithélium nasal, liée probablement à l’infiltration massive de cellules immunitaires induite par l’infection. Un dommage réversible, à en croire les résultats de cette enquête : 50 % de la structure initiale serait récupérée 14 jours après le début de l’infection… 

Pour en savoir plus

Inrae, Perte d’odorat : le SARS-CoV-2 n’infecterait pas les nerfs olfactifs, communiqué de presse du 8 juillet 2020.

Bryche B, St Albin A, Murri S, et al. Massive transient damage of the olfactory epithelium associated with infection of sustentacular cells by SARS-CoV-2 in golden Syrian hamsters. Brain, Behavior, and Immunity, 3 juillet 2020. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2020.06.032

Laura Martin Agudelo, La Revue du Praticien

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