Dernière mise à jour : 14 février 2020, 17h

 

Combien de cas en France, et ailleurs ?

À ce jour, 11 cas ont été confirmés en France, dont 1 médecin (premier cas de transmission interhumaine sur le territoire français). Aucun décès n’est encore à déplorer, mais un des malades est  toujours en réanimation dans un état critique (3 patients ont guéri et 8 sont encore hospitalisés).

Selon les dernières données actualisées ce jour par le Directeur général de la santé, le Pr Jérôme Salomon, 65 000 cas sont recensés dans le monde (99 % en Chine ; 52 000 à Hubei). Hors Chine, plus de 500 cas ont été diagnostiqués dans 28 pays. Le nombre de décès s'élève à 1 486 au total, dont 1 483 en Chine (1 426 décès dans la seule province du Hubei) et 3 hors Chine (Philippines, Hong Kong et Japon).

55 cas sont recensés dans l'Union européenne et au Royaume-Uni.

Le 11 février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait officiellement baptisé Covid-19 la maladie causée par ce coronavirus, lui-même renommé SARS-CoV-2 par le Comité international de taxonomie des virus. Le jeudi 30 janvier, le comité d'urgence de l’OMS avait qualifié l'épidémie d'« urgence de santé publique de portée internationale ».

L'annonce du décès du docteur Li Wenliang, 34 ans, lanceur d’alerte sur le coronavirus en Chine, est survenue le 7 février. Il avait attiré l’attention de ses collègues dès le 30 décembre 2019 sur le fait que sept personnes travaillant sur le marché aux animaux de Wuhan étaient hospitalisées et semblaient avoir contracté un virus proche du SRAS.

 

Que sait-on du virus ?

La transmission interhumaine est avérée (depuis la description des premiers cas au sein d'une même famille, The Lancet), mais le degré de contagiosité et de virulence n’est pas encore défini avec ce nouveau virus .

Hormis la Chine, quatre pays (dont l'Allemagne) ont déclaré avoir identifié des évènements de transmission interhumaine sur leur territoire (cas autochtones). Par ailleurs, deux nourrissons ont été testés positifs, rendant fortement probable l' hypothèse d'une transmission materno-fœtale.

La période d’incubation était auparavant estimée à 15 jours, mais des chercheurs dont les travaux n'ont pas encore été publiés ont établi, dès le 12 février, que l'incubation maximum de la maladie était de 24 jours, après analyse de 1 099 cas (selon le Journal international de médecine).

Il est probable que ce coronavirus soit similaire à celui des autres coronavirus humains, qui sont généralement transmis lors de contacts étroits après l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises lors d’éternuements ou de toux par le patient ou après un contact avec des surfaces fraîchement contaminées par ces secrétions. Les coronavirus survivent jusqu’à 3 heures dans le milieu extérieur, sur des surfaces inertes sèches. En milieu aqueux, ces virus peuvent survivre plusieurs jours.

En parallèle du séquençage complet du génome du coronavirus 2019-nCoV par les chercheurs de l'Institut Pasteur, l'isolement  récent des souches du virus à partir des cas français confirmés ouvre désormais la voie vers  de nouvelles approches diagnostiques, thérapeutiques et prophylactiques.

 

Quels tableaux cliniques ?

Les 41 premiers patients admis à l’hôpital de Wuhan (rapportés dans The Lancet) avaient une forme sévère de la maladie. Tous avaient une pneumonie. En dehors de symptômes aspécifiques tels que la fièvre, la toux, les myalgies, les symptômes des voies respiratoires supérieures restaient rares, à la différence des autres coronavirus. La moitié des patients avait une dyspnée. L’état respiratoire d’un tiers des patients était préoccupant (SDRA), nécessitant des soins intensifs. 6 patients (15 %) sont morts. 

En l’état actuel des connaissances, les symptômes principaux sont la fièvre et des signes respiratoires de type toux ou essoufflement. Une détresse respiratoire aiguë, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multi-viscérale potentiellement létale sont possibles dans les cas plus sévères

Le virus peut donc causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus sévères. La maladie peut progresser dans le temps chez un patient. Les patients souffrant de maladies chroniques pré-existantes (telles que : hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires) semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées.

 

Quelle est l’origine du virus ?

Les premiers cas recensés sont des personnes s’étant rendues directement sur le marché de Wuhan (fermé depuis le 1er janvier) : l’hypothèse d’une maladie transmise par les animaux (zoonose) est donc privilégiée.

 

Cas suspect : que faire ?

La définition des cas (selon Santé publique France) a évolué depuis le 29 janvier dans le sens d’un élargissement des critères cliniques et d’une extension de la zone d’exposition à l’ensemble de la province de Hubei.

– Toute personne ayant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë basse quelle que soit sa gravité, avec une fièvre supérieure à 38,0° C, et ayant voyagé ou séjourné dans la province de Hubei, en Chine, dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques.

– Toute personne ayant été en contact étroit avec un cas confirmé d’infection au 2019-nCoV, pendant que ce dernier était symptomatique.

Qu'est-ce qu'un contact étroit ? Avoir partagé le même lieu de vie que le cas lorsque celui-ci avait des symptômes (famille, même chambre, par exemple) ou avoir été en contact direct, en face à face, à moins de 1 mètre du cas au moment d’une toux, d’un éternuement ou lors d’une discussion (flirt, amis intimes, voisins de classe ou de bureau, voisins du cas dans un transport collectif de manière prolongée).

 

Tout professionnel de santé prenant en charge un patient suspect d’infection par le 2019-nCoV (voir définition de cas) doit prendre contact avec le Samu-Centre 15 qui se mettra en lien avec l’infectiologue le plus proche. À l’issue d’un questionnaire, le cas est classé en possible ou exclu. S’il est un cas possible, il est alors pris en charge et isolé dans un service d’infectiologie. Un test de détection rapide (entre 3 et 5h) permet d'avoir confirmation. Le test est réalisé uniquement par les centres nationaux de référence et quelques laboratoires hospitaliers.

 

Les professionnels de santé trouveront sur le site internet du ministère plusieurs documents utiles, dont une fiche de recommandations concernant les personnes-contact d’un cas confirmé et des affiches destinées aux lieux de consultation.

Ces définitions sont susceptibles d’évoluer à tout moment, en fonction des informations disponibles, et sont consultables sur le site de Santé publique France.

 

À ce jour, aucun traitement spécifique n’a été identifié pour ce nouveau coronavirus. Le traitement est donc symptomatique. Les mesures de prévention sont donc la seule arme efficace contre la propagation du virus : se laver régulièrement les mains, tousser ou éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs jetables à usage unique, porter un masque en cas de symptômes respiratoires…

 

Un site d’information, actualisé régulièrement, a été mis en place par le gouvernement pour répondre à toutes les questions.

 

Alexandra Karsenty, La Revue du Praticien

 

EN SAVOIR PLUS :

Infection à coronavirus – Santé publique France 

Coronavirus – Ministère des Solidarités et de la Santé

OMS – infections à coronavirus

OMS – Situation reports

Institut Pasteur, fiche maladie – coronavirus de Wuhan

Carte interactive de l'université Johns-Hopkins

European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC)