Dans un communiqué du 22 mai, l’Académie nationale de médecine préconise l’utilisation de la vitamine D comme adjuvant à toute forme de thérapie pour le Covid-19.

 

Eu égard au rôle de la vitamine D dans la modulation du fonctionnement du système immunitaire par stimulation des macrophages et des cellules dendritiques,1-3 l’Académie considère que celle-ci peut aider à réguler, voire supprimer la réponse inflammatoire cytokinique à l’origine du syndrome de détresse respiratoire aigu observé dans les formes sévères et souvent létales de Covid-19.

Une corrélation significative entre de faibles taux sériques de vitamine D et la mortalité par Covid-19 a en effet été montrée.4 Ce phénomène suit généralement un gradient Nord-Sud, bien qu’il y ait des exceptions : les pays nordiques, où la supplémentation des nutriments en vitamine D, en particulier des produits lactés, est systématique ; et, au contraire, des pays du sud de l’Europe affichant de façon surprenante une prévalence élevée de carence en vitamine D malgré un ensoleillement plus élevé.5 Cela contribuerait d’ailleurs à expliquer pourquoi les nourrissons qui reçoivent régulièrement de la vitamine D font des formes asymptomatiques de Covid-19 et moins de complications.

Dès lors, bien que la vitamine D ne puisse être considérée comme un traitement préventif ou curatif de l’infection due au SARS-CoV-2, elle pourrait être considérée comme un adjuvant à toute forme de thérapie, dans le but d’atténuer la tempête inflammatoire et ses conséquences.

Dans cet esprit, l’Académie nationale de médecine :

– rappelle que l’administration de vitamine D par voie orale est une mesure simple, peu coûteuse et remboursée par l’Assurance maladie ;

– confirme sa recommandation, faite dans un rapport en 2012, d’assurer une supplémentation vitaminique D dans la population française ;2

– recommande de doser rapidement le taux de vitamine D sérique (c’est-à-dire la 25OHD) chez les personnes âgées de plus de 60 ans atteintes de Covid-19, et d’administrer, en cas de carence, une dose de charge de 50 000 à 100 000 UI, qui pourrait contribuer à limiter les complications respiratoires ;

– recommande d’apporter une supplémentation en vitamine D de 800 à 1 000 UI/jour chez les personnes âgées de moins de 60 ans dès la confirmation du diagnostic de Covid-19.

Pour en savoir plus

Vitamine D et Covid-19, communiqué de l’Académie nationale de médecine, 22 mai 2020.

Laura Martin Agudelo, La Revue du Praticien

Figures et tableaux
Références
(1) Liu PT, Stenger S, et al. Toll like receptor triggering of a vitamin D mediated human antimicrobial response. Science, 2006;311:1770. (2) Rapport de l’Académie nationale de médecine. Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D. Bull Acad Natle Med, 2012;196:1011. (3) Laird E, Rhodes JM and Kenny RA. Vitamin D and inflammation: potential implications for severity of Covid-19. Ir Med J, 2020;113:81. (4) McCartney DM, Byrne DG. Optimisation of vitamin D status for enhanced immune-protection against Covid-19. Ir Med J, 2020;113:58. (5) Lips P, Cashman KD, et al. Current vitamin D status in European and Middle East countries and strategies to prevent vitamin D deficiency: a position statement of the European Calcified Tissue Society. Eur J Endocrinol, 2019;180:23.