Le rapport du Haut Conseil de la santé publique, daté du 14/03/2020, considère l’obésité morbide (indice de masse corporelle [IMC] > 40 kg/m2) comme un facteur de risque de développer une forme sévère d’infection par le SARS-CoV-2, au même titre que l’immunodépression ou la cirrhose.

 

L’Association française d’étude et de recherche sur l’obésité (AFERO), la Coordination nationale des centres spécialisés de l’obésité (GCCCSO) et le réseau French Obesity Center of Excellence (FORCE) ont émis des recommandations spécifiques au patient obèse.

Que sait-on à ce stade du risque infectieux pour ces patients ?

Les patients obèses sont-ils plus à risque d’être infectés ?

En l’état actuel des connaissances, il est encore trop tôt pour le dire. Néanmoins, les données disponibles portant sur d’autres infections respiratoires, et en particulier l’infection par le virus H1N1 laissent à penser que le patient obèse a un risque infectieux plus élevé. Des modifications de la réponse immunitaire avec une lymphopénie pourraient en être à l’origine. L’exemple de la grippe A (H1N1) a montré un temps de portage viral plus long chez les patients obèses.

Plus de formes graves avec SDRA ?

Quel que soit l’IMC, les comorbidités liées à l’obésité sont des facteurs de risque de formes graves avec survenue d’une détresse respiratoire aiguë (SDRA) : hypertension artérielle, diabète non insulino-dépendant, inflammation de bas grade, altération des fonctions rénales et hépatiques… Tout cela sur un terrain à risque thromboembolique élevé et une fonction respiratoire altérée (insuffisance respiratoire restrictive marquée par une capacité résiduelle diminuée). 

Par ailleurs, la prise en charge en réanimation des patients obèses pose des problèmes spécifiques (intubation plus compliquée en particulier en cas de syndrome d’apnées du sommeil, voies d’accès difficiles, dosage des médicaments, nursing, accès à la tomodensitométrie…).

Attention au risque de dénutrition chez les patients opérés d’une chirurgie bariatrique !

Après une chirurgie bariatrique, les risques de dénutrition sont élevés. Ces risques sont décuplés en contexte infectieux. Les dosages de l’albuminémie et de la préalbuminémie sont des marqueurs importants à contrôler. Il faut être particulièrement vigilant sur les carences en vitamines (A, C, D, sélénium, zinc, fer). Une supplémentation adaptée en oligoéléments et vitamines, ainsi qu’un apport protidique supérieur à 60 g/j sont recommandés en contexte d’infection à Covid-19.

Chez les patients non opérés, le risque de dénutrition reste réel. Une restriction des apports caloriques n’est donc surtout pas recommandée dans ce contexte.

Comme pour tous les autres patients à risque, un confinement strict doit être recommandé aux patients ayant un IMC > 40 kg/m2. En l’absence de possibilité de télétravail, un arrêt de travail peut leur être délivré.

A. K., La Revue du Praticien

Pour en savoir plus :

Covid-19 et obésité : État des connaissances et recommandations de l’AFERO/CSOs/FORCE au 22 mars 2020

Rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP, avis du 14/03/2020)

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