Devant la possibilité d’une seconde vague de l’épidémie, l’Académie de médecine recommande de considérer l’utilisation des tests salivaires, en particulier pour des études épidémiologiques.

 

Bien que la poussée épidémique semble finie, comme en attestent la diminution du nom de consultations pour suspicion de Covid-19, la baisse du taux d’occupation des lits de réanimation et le maintien d’un coefficient R0 inférieur à 1 dans la plupart des régions, l’Académie incite à la vigilance devant une possible résurgence. Elle souligne que la stratégie actuelle, qui repose sur la détection de nouveaux foyers et la recherche de cas contacts par des tests RT-PCR sur prélèvement rhinopharyngé, a l’inconvénient d’être décalée dans le temps par rapport à une possible recrudescence de la circulation du SARS-CoV-2. De plus, elle n’est efficace que si le nombre de nouveaux foyers est limité.

Réaliser des tests sur des échantillons représentatifs de la population de chaque département, de façon itérative, permettrait de mieux connaître la circulation du virus et de réagir plus vite. Pour ce type d’enquête, l’Académie soutient qu’il serait plus aisé d’utiliser des tests virologiques sur prélèvement salivaire, étant donné les inconvénients liés aux prélèvements rhinopharyngés : désagréables voire douloureux pour les patients, ils peuvent conduire à un refus de se faire tester par les personnes qui n’en ressentent pas le besoin.

Même si cette dernière technique reste la référence pour le diagnostic du Covid-19, les deux modes de prélèvement donnent des résultats concordants pour la majorité des cas positifs (et environ 20 % de résultats discordants dans un sens ou dans l’autre). Dans la perspective de la réalisation d’enquêtes épidémiologiques, l’Académie recommande donc procéder à une étude comparative des deux modes de prélèvements effectués le même jour, en suivant un protocole précis pour les prélèvements de salive et de crachats, et l’analyse des échantillons (extraction des ARN, RT-qPCR sur une seule plateforme), complétée si possible par un test sérologique. Elle préconise de procéder ensuite à une première enquête épidémiologique limitée à deux départements des deux régions les plus impactées par l’épidémie (Île-de-France et Grand-Est) et de modéliser sur ces résultats une étude épidémiologique sur l’ensemble du territoire avec une courte périodicité, pour être en mesure de répondre immédiatement à une éventuelle reprise épidémique.

Pour en savoir plus

Dépistage des porteurs du SARS-CoV-2 : et les tests salivaires ? Communiqué de l’Académie nationale de médecine, 30 juin 2020.

L. M. A., La Revue du Praticien