Le GPTrop (groupe de pédiatrie tropicale) a mis à disposition des documents très pratiques et actualisés régulièrement sur la prévention et la prise en charge des pathologies de l’enfant voyageur (maladies à transmission vectorielle, diarrhée, mais aussi pathologies plus « courantes ») avec des fiches pratiques, des ordonnances types à télécharger et des algorithmes décisionnels. Indispensable pour la pratique !

L’enfant est exposé à des pathologies spécifiques des régions visitées. Cependant, il contracte souvent une maladie banale mais qui, survenant dans un contexte inhabituel en termes d’accès aux soins, est plus complexe à gérer. L’objectif est d’évaluer les risques de morbidité et fournir aux parents les moyens de les réduire. En cas d’affection chronique (allergie nécessitant un traitement préventif ou d’urgence [Anapen], dermatite atopique, asthme, insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale, drépanocytose…) et pour les nouveau-nés, une consultation spécialisée est nécessaire 3 mois avant le départ.

Pour donner des conseils adaptés, il faut connaître l’épidémiologie des principales maladies infectieuses dans les régions visitées. Un voyage dans un environnement extrême (haute altitude, désert) devrait faire l’objet d’une préparation avec l’aide de spécialistes.

Paludisme

La protection – nécessité vitale dans les régions intertropicales où sévit P. falciparum – repose sur 4 mesures complémentaires :

  • sensibilisation au risque ;
  • protection personnelle antivectorielle et chimioprophylaxie, dont les recos sont synthétisées ici : fiche médecin – prévention du paludisme, mais attention : l’imprégnation des vêtements par des sprays à base d’insecticides pyréthrinoïdes comme la perméthrine n’est plus recommandée (BEH juin 2022);
  • vigilance vis-à-vis de la fièvre, même après le retour de zone d’endémie et une prophylaxie adaptée et bien suivie.

Autres maladies à transmission vectorielle

Dans certaines régions, d’autres infections transmises par des arthropodes durant la journée (dengue, zika, chikungunya, trypanosomiases, borrélioses, rickettsioses…) ou la nuit (virus du Nil de l’Ouest, encéphalite japonaise, leishmaniose, filariose lymphatique…) imposent une protection personnelle antivectorielle 24 h/24. Les seules prévenues par la vaccination sont la fièvre jaune et les encéphalites à tique et japonaise.

Vaccinations

Un voyage est l’occasion de mettre à jour le calendrier des vaccinations « universelles » et de proposer celles spécifiques à la prévention des risques infectieux locaux. Deux peuvent être obligatoires et exigées au contrôle sanitaire de certaines frontières : la fièvre jaune et le méningocoque tétravalent. Vous trouverez les modalités pratiques sur les vaccins du voyage chez l’enfant ici : vaccination de l'enfant voyageur.

Diarrhée

Pathologie la plus fréquente, elle est rarement grave mais peut se prolonger, se compliquer et perturber le séjour. La prévention repose sur l’allaitement au sein des nourrissons, la consommation d’eau en bouteille capsulée ou d’eau bouillie 1 minute ou microfiltrée et désinfectée chimiquement par un hypochlorite (Micropur forte ou Aquatabs). Le traitement comporte une réhydratation orale (à l’aide de solutés) et des mesures diététiques (à expliquer aux parents, comme les signes de déshydratation et de gravité). Si aucun médecin n’est disponible dans les 48 h, une antibiothérapie probabiliste peut être prescrite pour être initiée par les parents : azithromycine 20 mg/kg/j, en 1 prise quotidienne pendant 3 jours. Le lopéramide est contre-indiqué avant 2 ans.

Au retour du voyage, la diarrhée est souvent sans gravité et d’évolution favorable en quelques jours. Plus rarement, d’autres tableaux nécessitent des explorations et/ou une antibiothérapie : diarrhée liquidienne grave ou persistante au-delà d’une semaine, diarrhée sanglante +/- fièvre, ou bien aqueuse, afécale. Les examens complémentaires et le choix de l’antibiothérapie sont indiqués ici : fiche conseils médecin – antibiotherapie de la diarrhée de retour.

Pour en savoir plus
Groupe de pédiatrie tropicale. Enfant voyageur. Recommandations. mars 2022.
Nahon F, Piccoli S, Sorge F. Consultation de l’enfant voyageur.  Rev Prat Med Gen 2017;31(984):498-9.

Dans cet article

Ce contenu est exclusivement réservé aux abonnés

Une question, un commentaire ?