Les infections invasives à pneumocoque (IIP) entraînent une morbidité et une mortalité importantes en raison de leurs complications propres mais aussi en raison de leur capacité à déstabiliser les pathologies préexistantes chez les patients atteints de maladies chroniques, notamment cardiovasculaires, bronchopulmonaires ou endocriniennes.

Le fléau de ces infections est bien connu. Il touche principalement les catégories de population « fragiles », en particulier les ­personnes atteintes de comorbidités et les personnes âgées. La prévalence et la gravité de ces IIP étant très différentes selon le lieu et le mode d’exercice, la représentation du fardeau est souvent perçue différemment selon les professionnels de santé. Les patients les plus à risque doivent faire l’objet d’une démarche préventive systématique. Ils sont, pour la plupart, éligibles au dispositif des affections de longue durée (ALD). En 2022, 13,8 millions de personnes en bénéficiaient en France. Une grande partie d’entre elles souffrent de pathologies les exposant au risque d’IIP. Elles sont donc identifiables par ­l’Assurance maladie mais aussi par les médecins qui les prennent en charge.

La vaccination antipneumococcique est un pilier de la prévention, permettant de réduire l’incidence des infections et de contribuer à la diminution de la résistance aux anti­biotiques.

Pourtant, la couverture vaccinale demeure insuffisante, estimée à environ 5 % pour ces personnes à risque, entraînant une perte de chance considérable. Plusieurs freins ont pu limiter son développement, notamment la perception d’une efficacité variable des vaccins et la complexité des recommandations. L’introduction récente des vaccins conjugués 20 -valent (VPC20) et 21 -valent (VPC21) administrés en une seule injection et sans contrainte saisonnière a toutefois considérablement simplifié la stratégie de vaccination antipneumococcique chez l’adulte.

Par ailleurs, les recommandations ont évolué : la vaccination, ne ciblant auparavant que les personnes à risque d’IIP, est désormais élargie à toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, sans limite d’âge supérieure.

De plus, depuis juillet 2026, compte tenu de l’épidémiologie sérotypique, la HAS préconise le recours préférentiel au VPC21 chez les adultes. Dans ce contexte, les consultations de suivi des patients chroniques et des patients âgés de 65 ans et plus par les médecins géné­ralistes, les gériatres, les infectiologues et les spécialistes d’organe doivent donc être l’occasion d’aborder systématiquement ­l’indication de cette vaccination.

Bien que les vaccins antipneumococciques conjugués aient considérablement réduit les IIP dues aux sérotypes vaccinaux, leur impact est atténué par le phénomène de remplacement sérotypique. La mise sur le marché de nouveaux vaccins avec ajout de nouveaux sérotypes permet une meilleure protection, mais l’émergence de sérotypes non vaccinaux devra être surveillée avec l’extension de la vaccination. C’est pourquoi les recommandations de vaccination antipneumococcique chez l’adulte évoluent et continueront d’évoluer en fonction de l’épidémiologie et de la mise sur le marché de nouveaux vaccins afin de renforcer la protection des populations à risque.

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