Culture et médecine

Pour comprendre le présent, il faut savoir d’où on vient

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Observateur officiel de la France au procès des médecins nazis à Nuremberg en 1947, François Bayle en rendit compte dans un ouvrage monumental dont la publication passa plutôt inaperçue en 1950 et qui n’avait jamais été réédité depuis.
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Les représentations antiques révèlent parfois des états pathologiques, dont les manifestations visibles ont frappé les artistes.

Rubrique Histoire

Découvrez le passé de la médecine, du plus ancien au plus récent, indispensable pour comprendre les pratiques d'aujourd'hui.
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    Les représentations antiques révèlent parfois des états pathologiques, dont les manifestations visibles ont frappé les artistes.
    Dans Les Maladies dans l’art antique, ouvrage publié en 1998 chez Fayard, Mirko Grmek et Danielle Gourevitch avaient tenté de définir l’iconodiagnostic,1 considér
    Parmi ces portraits, celui d’une petite fille porteuse de plusieurs indicia mortis,2 et notamment d’un extraor­dinaire hippocratisme digital.
    On peut rapprocher ce cas de celui d’un autre enfant ­antique, un garçon étrusco-romain cette fois, Aulus Caecina Selcia, mort à l’âge de 12 ans (musée Guarnacci, Volterra), avec s
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    En complément de la magie, les médecins égyptiens ont progressivement élaboré de nombreux remèdes qui se sont ensuite transmis de génération en génération.
    Les médecins égyptiens de l’Antiquité, les « sounou »,1 ont étudié les maux qui accablaient leurs contemporains pour tenter d’y remédier ou de les soulager.
    Nombreux et variés, ses remèdes ont fait la réputation de la médecine égyptienne dans le monde antique.2 Kemi, la terre noire, le nom égyptien de l’Égypte, serai
    La pharmacopée égyptienne utilisait des substances d’origine minérale, végétale et animale.6
    Selon les papyrus médicaux, la préparation des remèdes exigeait rigueur et minutie quant aux ingrédients nécessaires, à leur mode de préparation et à leur voie d’administration.
    Les différentes substances utilisées étaient énumérées, avec pour chacune d’elles le volume (et non le poids) nécessaire à la confection du remède.
    Il était énoncé avec précision : « Une fumigation pour rendre agréable l’odeur de la maison ou des vêtements ; les ingrédients seront moulus finement, pétris en une masse homogè
    Les Égyptiens avaient surtout recours à la voie orale, sous forme de potions, infusions, décoctions, macé­rations, mais aussi de pilules, pastilles, boulettes, etc.
    L’élaboration des remèdes, dans la plupart des cas, était le fait du médecin lui-même.
    Les caprices de Galien
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    Médecine antique. La diététique constitue une part importante de l’œuvre de Galien. Deux souvenirs personnels d’excès ont dû lui rester en mémoire.
    Avec ses camarades, au IIe siècle de notre ère, Galien grand enfant a eu des faims d’ogre, puis, adolescent et jeune homme, des caprices alimentaires, qui ont pu chez lui et chez tous ses camarades engendrer des problèmes de santé. Tels de ces épisodes pittoresques, avec leurs faim-valle, refus, engouements et régimes aberrants sont pour quelque chose dans les diktats de la diététique galénique, quand Galien est devenu princeps medicorum, en particulier dans les ouvrages qui suivent : Sur la vertu des aliments, Bons et mauvais sucs des aliments, Facultés des aliments, Régime amaigrissant, et Hygiène, mais aussi de-ci de-là. Nous en retenons deux, dans « l’Orient romain », à Pergame et à Alexandrie.
    « Si moi-même, raconte Galien, je n’avais une fois mangé du grain bouilli à l’eau, je n’aurais jamais cru qu’on pût en faire le moindre usage alimentaire. En effet, même en cas de famine, personne n’en viendrait à en faire un tel usage, alors qu’il est possible, si du moins on dispose de grain, d’en faire du pain. Et d’autre part, s’il est vrai que, pour un repas, on mange des pois chiches bouillis et grillés, en guise de ce qu’on appelle friandises (τράγημα)*, et qu’on prépare aussi d’autres graines de la même façon, de cette façon-là pourtant personne ne propose de grain bouilli. C’est pourquoi je n’aurais jamais cru qu’on pût manger du grain bouilli.
    Et lorsque moi-même, un jour que je m’étais rendu à la campagne, à une certaine distance de la ville, en compagnie de deux jeunes gens du même âge que moi, je tombai sur des paysans qui avaient terminé leur repas, et sur leurs femmes qui se préparaient à faire du pain (en effet il ne leur restait plus de pain) ; tout de suite l’une d’elles jeta dans une marmite du grain qu’elle fit bouillir, puis elle assaisonna ce plat de sel en quantité raisonnable et nous persuada d’en manger. Nous y étions forcés, en somme, vu que nous avions fait un long chemin et que nous mourions de faim. Nous en mangeâmes donc en abondance et nous nous sentîmes un poids sur l’estomac, comme s’il s’y fût trouvé de la boue.
    Et le lendemain, nous n’avions toujours pas digéré ; nous fûmes tout le jour sans appétit, au point de ne rien pouvoir prendre ; nous étions pleins de vents et de flatulences ; nous avions mal à la tête ; notre vue était brouillée, nous ne rendions rien par le bas, ce qui est le seul remède à l’indigestion. Nous demandâmes donc aux paysans comment ils se sentaient s’il leur arrivait à eux aussi de manger quelquefois du grain bouilli. Pour leur part ils répondirent qu’ils en avaient souvent mangé, poussés par la même nécessité que celle dans laquelle nous nous étions trouvés ; et que c’était une nourriture lourde et difficile à digérer que ce grain ainsi préparé
     ».1Cet épisode proche de la faim-valle, déraisonnable et incoercible, est arrivé quand Galien était jeune étudiant à Pergame : il a eu une indigestion de grains bouillis. Que c’est une indigestion, Galien le dit lui-même et il en décrit les symptômes ; mais est-elle due à la nourriture elle-même, ou à la gloutonnerie de ces trois très jeunes gens imprévoyants, partis sans esclave accompagnateur et surtout sans emporter de pique-nique, et malgré le vague du récit, restés passer la nuit sur place pour y dormir ? Cette sorte de gruau rustique, à peine assaisonné, devait être insipide ; ce qui n’a pas empêché les trois compères d’en trop manger. Mais Galien, loin de se sentir coupable de gloutonnerie, gardera définitivement l’idée que c’est là une « nourriture lourde et difficile à digérer », donc à éviter.
    Nous allons voir à nouveau que l’excès joue dans l’incident digestif un rôle beaucoup plus grand que la nature de l’aliment lui-même : un compagnon de Galien, à l’arrivée du petit groupe d’étudiants pergaméniens à Alexandrie, se jeta sur des dattes fraîches, sans doute sensible à l’attrait de la nouveauté de ce fruit pour lui exotique ;2 en effet, si la partie méridionale du monde grec connaît le palmier dattier, les fruits n’y mûrissent pas : « J’ai connu un jeune homme qui faisait partie de nos condisciples à Alexandrie, à qui cela est arrivé au moment où le bateau nous y avait conduits, au début de l’automne. Celui-ci mangea plusieurs jours d’affilée de grandes quantités de dattes fraîches et tendres, en sortant du bain et avant d’aller au bain ; mais la plupart n’étaient pas parfaitement mûres. Et voici ce qui lui arriva : d’abord, après la gymnastique et le bain, il commença à frissonner violemment, ce qui lui fit croire qu’il allait avoir la fièvre. Il se mit au lit et resta au calme, bien couvert de vêtements. Il passa toute la nuit sans fièvre, et le matin il se leva pour vaquer à ses occupations habituelles. Mais là-dessus il fut à nouveau saisi de frisson, se mit au lit à nouveau et resta au calme jusqu’à l’heure d’aller au bain. Mais comme il était arrivé au bain, un frisson encore plus fort le saisit : le symptôme était le tremblement avec sensation de froid, quoiqu’encore peu marqué… Ayant pensé que de toute façon il aurait la fièvre, il se mit d’autant plus au repos. Pendant tout le jour et la nuit suivante, il s’observa, se trouvant frissonnant s’il faisait des mouvements modérés, mais véritablement tremblant de froid s’il faisait des mouvements plus marqués. Il suivit mes conseils sur ce qu’il fallait faire… C’est ainsi qu’il se rétablit. Et depuis cela, à ceux qui souffrent du même état j’ai toujours commencé par donner le remède aux trois poivres, puis notre remède au calament et ensuite encore celui qui est composé de liqueur de Cyrénaïque (ou suc de Cyrène) et de castoréum, lequel est extrêmement utile aussi dans les cycles de fièvre quarte et surtout lorsque les sujets souffrent de tremblements violents avec sensation de froid. »
    Encore une expérience de jeunesse qui entre directement dans la règle, et n’est pas perdue pour la théorisation à venir, laquelle sera écrite lors du second séjour romain :3« Certaines (dattes) sont sèches et astringentes, comme les dattes égyptiennes, certaines sont molles, humides et douces comme celles qu’on appelle karuotoi et les meilleures se forment en Syrie-Palestine à Jéricho… Toutes les dattes se digèrent mal et donnent mal à la tête si on en mange plus qu’il n’en faut. Certaines produisent la sensation d’irriter l’orifice du ventre, ce qui fait qu’elles font plus mal à la tête, et se gâtent vite. L’humeur qu’elles répandent dans le corps est épaisse et a quelque chose de gluant quand la datte est onctueuse comme la karuotos… Les dattes vertes font beaucoup plus de mal même quand on n’en mange qu’un petit peu… Celles qui sont astringentes ont un suc plus froid, mais les dattes vertes, comme les figues, remplissent de flatulence… Dans les pays qui ne sont pas tout à fait chauds, les dattes ne mûrissent pas complètement et sont donc utiles pour la mise en réserve. Par conséquent ceux qui ne peuvent pas faire autrement que d’en manger de vertes se remplissent d’humeurs crues, sont pris de sensations de froid difficiles à réchauffer et ont des blocages du foie, avec inflammation (φλεγμαῖνον) et induration (σκιρούμενον)4 ». Il s’agit donc de « déculpabiliser » les coupables, dans la même optique en somme qui consiste à culpabiliser les goutteux, mais à l’envers.5 Le goût des Égyptiens pour les dattes est à rapprocher d’un incident dramatique qui s’est produit en 178, sous le règne de Marc Aurèle associé à Commode, la chute, du haut d’un palmier, d’un employé*** chargé de la pollinisation, donc entre février et mai de cette année-là.6
    Nous ne cherchons évidemment pas à réduire les vues alimentaires de Galien à des anecdotes, mais avons voulu mettre en valeur dans l’élaboration de ses idées proclamées, enseignées et appliquées, la part de son vécu : un passé évidemment embelli, l’état de μειράκιον ou première jeunesse, opposé à d’autres âges, la période idéale ou idéalisée de la vie, néanmoins souvent accessible aux corrections du bon sens, de l’expérience accumulée et du véritable savoir rationnel. La naissance, les sources d’une diététique antique, dans un cadre médical qui connaît trois branches, la médecine, la chirurgie et le régime, régime de vie bien sûr mais dans lequel le régime alimentaire et le dosage des dépenses sont sérieusement surveillés en fonction du genre de vie du sujet.
    On me permettra d’évoquer le livre délicieux de Georges Duhamel, Les Plaisirs et les Jeux, avec ses deux héros, les futurs médecins Bernard et Jean, le Cuib et le Tioup. Avec l’enfant qui ne veut pas manger sa viande, on cherche à argumenter : « mange ta viande ; je n’aime pas la viande; mais c’est du veau ; je n’aime pas le veau ; c’est du bon veau ; je n’aime pas le bon veau ; mais ce n’est pas du veau, c’est du chien ». Alors il mange.
    Figure 3. Un singe, avec une perche, essaye de faire tomber des dattes d’un palmier (mosaïque romaine).
    Boire en ancienne Égypte
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    Égyptologie. Les habitants de l’ancienne Égypte buvaient l’eau du Nil mais la bière était aussi consommée quotidiennement.
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    Seul le Nil fournissait de l’eau toute l’année. Puisée dans des outres en peau de chèvre, cette eau chargée d’impuretés était impropre à la consommation directe. Elle devait être décantée puis filtrée à travers des couches de tissu et de sable, et enfin conservée dans des jarres enterrées au frais dans le sol des habitations. L’eau faisait l’ordinaire des plus indigents, et sa consommation n’était pas sans inconvénients digestifs. Le papyrus Ebers recommande six remèdes pour soigner la diarrhée : « Remède pour chasser une diarrhée sanglante abondante : pâte fraîche : 1/8 ; rhizome de souchet comestible râpé : 5 ro ; graisse/huile : 1/8 ; miel : 1/8. Ce sera filtré puis absorbé 4 jours de suite ; aucun remède n’est son équivalent ».1
    Plus qu’une boisson, le lait était un aliment apprécié sous forme de produits lactés. Le lait de vache (irtchet) était le plus consommé.2 Le lait de chèvre, le lait de brebis ou le lait d’ânesse étaient le plus souvent réservés à la préparation de remèdes.3
    Les enfants étaient nourris au sein jusqu’à l’âge de 3 ans. Si la mère ne pouvait allaiter son bébé, elle avait recours aux bons soins d’une nourrice pour les plus aisées, et au lait de vache pour les plus modestes.
    Véritable boisson nationale, la bière (heneqet) était consommée sans modération par toute la société égyptienne. Elle faisait partie, avec le pain, de la ration journalière de tout Égyptien, et contrairement à l’eau la fermentation alcoolique la rendait potable.
    Elle est mentionnée sur les stèles funéraires dès le début de l’Ancien Empire (-2650), où le défunt demande à ne manquer ni de bière ni de pain dans sa vie future.
    À partir de farine d’orge et de froment, on élaborait une sorte de pain peu cuit qui était brisé dans un mélange d’eau et de dattes écrasées, puis filtré sur un tamis d’osier au-dessus d’un grand récipient. Ce mélange subissait une fermentation alcoolique naturelle. La bière ainsi obtenue était assez fade, faute d’un équivalent du houblon. Elle était plus ou moins alcoolisée selon la quantité d’eau utilisée lors du brassage. Conservée dans des jarres de terre cuite plus petites, elle devait être rapidement consommée car relativement périssable.
    Des brasseries d’État pouvaient fournir de grandes quantités de bière pour les besoins du palais royal et des temples. L’échanson de la bière était un haut fonctionnaire qui veillait à la bonne marche de ce service. En dehors de grandes brasseries, et des maisons à bière, chaque foyer, comme il fabriquait son pain, brassait sa bière chaque jour.
    Un brasseur accompagnait toute expédition lointaine pour assurer à chacun de ses membres sa ration de bière.
    Pour traiter les problèmes digestifs, les médecins utilisait la bière comme principe actif mais aussi comme excipient. « Pour chasser les maux qui sont dans le ventre : pois ; ce sera mélangé à de la bière et bu par le patient » (papyrus Ebers n° 5).
    Plus festif et plus long à élaborer, le vin n’était pas une boisson quotidienne pour la plupart des Égyptiens.
    Consommé en Égypte dès la période prédynastique (-3500 à -3200), le vin (irep) était initialement un breuvage de luxe réservé à la famille royale et aux grands du Double Pays. La vigne ne fait pas partie de la flore naturelle de l’ancienne Égypte. Le vin fut d’abord importé du Levant, comme le confirment de nombreuses jarres datant de -3300, découvertes dans des tombes princières de la nécropole d’Abydos. L’une d’elles en contenait plus de 700, soit plus de 4 500 litres.4 C’est dire la crainte d’en manquer. Un siècle plus tard apparaissent les premières jarres de vin élaboré en Égypte, attestant de l’implantation d’un vignoble local, pour les besoins du palais. Des étiquettes d’amphores, porteuses de hiéroglyphes archaïques, confirment l’origine et l’ancienneté de leur précieux contenu.
    Les principales régions viticoles furent d’abord la branche occidentale du delta et les oasis de Siwa, Kharga et Bahariya, dans le désert libyque. Elles produisaient dès le début de l’Ancien Empire des vins renommés. La viticulture est à son apogée au Nouvel Empire, favorisée par le transfert de vignerons venus de Canaan et de Syrie. Elle s’étend alors à la branche la plus orientale du delta, « l’eau de Rê ». L’étiquetage des amphores est d’une remarquable précision :
    - millésime de la vendange (année de règne du pharaon) ;
    - couleur et qualité du vin (blanc ou rouge, bon, très bon, moelleux) ; le shedeh, sorte de vin cuit très alcoolisé, était particulièrement apprécié ;5
    - noms du vignoble d’origine et de son propriétaire ;
    - nom du vigneron ou du maître de chais.
    De nombreuses scènes funéraires représentent avec force détails les vendanges et l’élaboration du vin : la cueillette sous les treilles, le foulage des grappes dans des cuves en pierre, l’extraction du jus résiduel par la torsion du moût enfermé dans des sacs en lin par des équipes spécialisées, et enfin la mise en jarres pour la fermentation. Certains vieux crus étaient particulièrement estimés. Parmi les 25 amphores à vin découvertes dans la tombe de Toutankhamon, la plupart dataient de son règne, mais l’une d’elles était un grand cru de l’an 31 de son grand-père Amenhotep III.6
    Les Égyptiens ne manquaient pas d’occasion de s’enivrer. La mythologie ne pouvait que les y encourager. Selon le Livre de la vache du ciel, quand la déesse Sekhmet reçut des dieux la mission d’anéantir le genre humain pour le punir de son arrogance, Rê, pris de remords, sauva l’humanité en enivrant la déesse lionne grâce à une mixture à base de bière teintée d’ocre imitant le sang. Elle en oublia à jamais ses desseins funestes.7
    La civilisation égyptienne a multiplié les jours fériés, et les occasions de boire à satiété : fêtes de famille (mariages, naissances, funérailles) ; fêtes agraires (semailles, moissons, crues) ; fêtes civiles (premier de l’an et débuts de saisons) ; fêtes royales (intronisation, jubilées).
    Pendant les innombrables fêtes religieuses (fête d’Opet et fête de la Vallée notamment), l’ivresse était non seulement de mise mais recommandée comme un signe d’abondance. Toutes les classes de la société participaient à ces agapes ; artisans et paysans profitaient de ces congés pour passer de belles journées à danser, chanter, manger et boire. À la fin du Nouvel Empire, sur trois jours d’activité, un jour était chômé en raison d’une fête religieuse.8 Les amateurs de banquets sont représentés mangeant et buvant à profusion, divertis par des musiciennes et des danseuses nues ! Les scènes peintes dans les tombes thébaines témoignent de ces beuveries et du désir de l’ivresse.
    Dans la tombe de Paheri à El-Kab, les femmes ne sont pas de reste : l’une d’elles réclame à boire à tue-tête : « Donne-moi dix-huit coupes de vin. Ne vois-tu pas que je désire m’enivrer ? Mon intérieur est sec comme de la paille ».9 Une autre se fait prier, et un serviteur insiste : « Bois jusqu’à l’ivresse et fais un jour heureux ».
    À l’opposé, à partir du Nouvel Empire, des textes comme l’Enseignement d’Ani, incitent à la tempérance et stigmatisent l’ivrognerie : « Ne fais pas d’excès en buvant une grande cruche de bière ! Lorsque tu parles, il sort de ta bouche des mots incompréhensibles. Tu tombes, tu te fractures les membres, et nul ne te tend la main. Tes compagnons de débauche se lèvent et disent : “Qu’on nous débarrasse de cet ivrogne !” Lorsqu’on vient ensuite pour te chercher et te demander conseil, on te trouve couché à terre et tu es comme un petit enfant ».10
    Dans un autre texte (papyrus Anastasi IV), un maître scribe reproche à son élève ses beuveries : « On me dit que tu négliges l’écriture et que tu t’abandonnes au plaisir ; que tu vas de taverne en taverne ; l’odeur de la bière incommode ceux qui t’approchent ; la bière perd les hommes ; elle ruine ton âme. Tu es une rame brisée, dont le bateau n’obéit plus d’aucun côté. Tu es une chapelle sans son dieu, une maison sans pain… Les gens te fuient parce que tu les frappes et les blesses ; tu titubes ; tu t’écroules tout couvert d’immondices ».11
    La morale égyptienne condamnait donc l’ivrognerie, mais pas la divine ivresse : « Bois, enivre-toi, ne cesse pas de faire ce que tu aimes, et que le vin t’advienne comme tu le souhaites… pour que tu passes du bon temps ».12
    Boire abondement était une nécessité liée au climat égyptien. Si l’eau étanchait la soif des plus pauvres, elle n’était pas sans risques sanitaires. Aussi la bière devint-elle dès l’Ancien Empire la boisson quotidienne des Égyptiens. Le vin fut d’abord l’apanage des privilégiés. À l’occasion de nombreuses festivités, bière et vin procuraient à toute la société égyptienne les plaisirs d’une divine ivresse. C’est au temps des Ramsès que l’ivresse se distingue de l’ivrognerie qui conduit à la débauche et perd son caractère festif. 
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  2. Découvrir
    Extraire un calcul vésical par incision de la vessie (opération de la taille) était extrêmement risqué.
    Un ex-voto alsacien de 1810*, conservé à l’ermitage de Saint- Florent à Oberhaslach montre chastement un malade étendu sur un matelas lui-même posé sur une table, sous la protect
    À la tête du lit de fortune, trois jeunes gens en rang d’oignons, en tenue bourgeoise, prient, les mains jointes ; au pied prient aussi, avec concentration, le regard tourné vers l
    Le sujet opéré semble plutôt maigre, maintenu étendu de tout son long, bras et jambes écartés, sur un matelas rayé ; il porte sur le bas du corps une sorte de pyjama rosâtre, sur l
    Six hommes (dont aucun ne porte la perruque, mais qui sont en culotte et bas blancs) s’affairent sur son corps non anesthésié, dont on ne voit ni l’abdomen ni les cuisses, par grou
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    Extraire un calcul vésical par incision de la vessie (opération de la taille) était extrêmement risqué.
    Un ex-voto alsacien de 1810*, conservé à l’ermitage de Saint- Florent à Oberhaslach montre chastement un malade étendu sur un matelas lui-même posé sur une table, sous la protect
    À la tête du lit de fortune, trois jeunes gens en rang d’oignons, en tenue bourgeoise, prient, les mains jointes ; au pied prient aussi, avec concentration, le regard tourné vers
    Le sujet opéré semble plutôt maigre, maintenu étendu de tout son long, bras et jambes écartés, sur un matelas rayé ; il porte sur le bas du corps une sorte de pyjama rosâtre, sur l
    Six hommes (dont aucun ne porte la perruque, mais qui sont en culotte et bas blancs) s’affairent sur son corps non anesthésié, dont on ne voit ni l’abdomen ni les cuisses, par gr
    Guérir miraculeusement du croup ?
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    À Hyères, un ex-voto témoigne que, contre toute attente, en 1856, le petit Silvain n’est pas mort.
    En 1856, le petit Silvain est très gravement malade ; ses parents craignent pour sa vie et sont désespérés. L’enfant tousse et respire mal ; on lui a bien donné du sirop, dont on voit un flacon avec une cuiller sur le marbre de la commode, mais rien n’y a fait. Il est là, inerte sur son lit, la tête embéguinée. Son père, effondré sur une chaise, rumine de tristes pensées ; sa mère agenouillée, les yeux au ciel, prie la Sainte Vierge. On croit qu’il a le croup et qu’il va mourir. Or le garçonnet ne meurt pas ; un ex-voto en attribue le mérite à la Vierge, qui apparaît au-dessus du lit blanc à baldaquin dans un nuage circulaire bleu et blanc ; c’est un joli tableautin (25 x 32 cm) à l’huile sur toile qu’on peut voir à Notre-Dame-de-Consolation à Hyères (Var), offert par les parents, M. et Mme Paula.
    Que s’est-il passé ? Pour qu’on évoque le croup, dont chacun sait alors que le pronostic est « des plus graves » (p. 485 infra), il faut que le garçonnet ait toussé, par quintes de plus en plus rapprochées et de plus en plus violentes, d’une façon qu’on considère comme caractéristique, une toux striduleuse, « enrouée, éraillée, rauque » (p. 461, infra) et qu’il ait eu du mal à respirer, avec même peut-être des accès de suffocation, mais sans arriver à l’asphyxie qui l’aurait tué. C’est le Dr Eugène-Raymond Archambault (1822-1883)b que nous allons aujourd’hui consulter pour y voir plus clair ; vrai spécialiste des maladies des enfants, médecin de l’hospice des Enfants malades, auteur notamment de Réflexions sur la trachéotomie à la période extrême du croup et la dysphagie, qui, dans certains cas, lui est consécutive (1854), De la trachéotomie dans la période ultime du croup, mémoire lu à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, dans la séance du 12 juillet 1867c, et d’un livre de bilan, Leçons cliniques sur les maladies des enfants (1884)d, Il ne se désintéresse pas du traitement médical de la diphtérie en général et d’un grand débat thérapeutique, avec son Étude sur l’emploi de la pilocarpine contre la diphtériee, Il est aussi l’auteur du long article « croup » du Dictionnaire en 100 volumes, piloté par Dechambre (tome 23, 1879), qui est notre référence aujourd’hui.
    Si le médecin est venu, ce qui est presque certain (vu le niveau socioculturel que rendent probables le cadre et la tenue des adultes), il est peu intervenu, par un traitement médicalf, sans essayer une trachéotomie (méthode non thérapeutique mais palliative, méthode dramatique et d’ailleurs encore très controversée en 1856) dont on verrait au moins la trace avec un pansement, si la canule avait été définitivement enlevée de la plaie recouverte « d’un linge fin, de façon à permettre au malade de respirer à la fois par le larynx et par cette plaie », p. 557).
    Or l’enfant (qui est un petit enfant, mais pas un bébé) a guéri, on le voit calme dans ses draps bien tirés, rien n’indique une respiration difficile ; on n’a pas la notion d’une affaire de famille avec d’autres malades proches. Guérison spontanée ? Possible, mais très rare : « le croup peut se terminer par la guérison, et le plus souvent cette heureuse terminaison se fait d’une manière progressive » (p. 497), ce que ne semble pas indiquer le tableau. Erreur de diagnostic ? Possible, même si en principe on distingue depuis Pierre Bretonneau (1778-1862) le croup d’autres lésions laryngéesg.
    « Le petit Dauphin est malade , le petit Dauphin va mourir . Dans toutes les églises du royaume , le Saint-Sacrement demeure exposé nuit et jour , de grands cierges brûlent pour la guérison de l’ enfant royal  », racontait Alphonse Daudet dans l’une de ses Lettres de mon moulin (1866) . Et le Dauphin meurt. Le petit Silvain est malade, le petit Silvain va mourir, entendait-on à Hyères dans sa famille et dans son entourage. Le petit Silvain n’est pas mort, donc il n’y a pas eu d’autopsie à la recherche des fameuses « fausses membranes »h. Reste après tout l’hypothèse du miracle, une guérison inexpliquée, un miracle (non certifié par le bureau de Lourdes), pour un de ces cas rares où le diagnostic est affirmé sur l’ex-voto même.
    À la découverte d’une région au cœur de l’Amazonie : la frontière sud de la Guyane
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    La frontière sud de la Guyane a été la source de mythes, liés à sa relative inaccessibilité.
    En juin et en juillet 2015, le centre médical inter- armées de Kourou a organisé et assuré le soutien sanitaire d’une expédition militaire et scientifique hors norme au XXI
    siècle dans une zone très peu connue et jamais parcourue d’une seule traite : la frontière sud de la Guyane.
    Cette mythique région coincée entre le Brésil et la France a inspiré la passion de nombreux explorateurs, dont le médecin de marine Jules Crevaux. Partie inaccessible de la forêt amazonienne, elle a su conserver sa part de mystère. Les éléments d’histoire, de géographie et d’ethnologie exposés dans cet article sont fondés sur les recherches documentaires précédant la mission et les observations de terrain.
    L’instigateur du raid est le géographe français François- Michel Le Tourneau, membre du centre de recherche et de documentation sur les Amériques du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Ayant déjà effectué des expéditions au niveau de la borne tri-jonction, de la borne 5 et des monts Tumuc-Humac, il avait pour objectif cette fois de recueillir de manière exhaustive des informations géographiques, ethnologiques et botaniques sur l’ensemble de la frontière sud. Pour mener à bien cette mission, il a demandé un appui logistique humain et matériel aux forces armées de Guyane. Sur le plan sanitaire, le service de santé des armées s’était engagé à fournir trois binômes médecin-infirmier et une possibilité d’évacuation sanitaire médicalisée par hélicoptère médicalisé. L’auxiliaire sanitaire de la mission était, quant à lui, fourni par le 3
     régiment étranger d’infanterie.
    Jules Crevaux (1847-1882) intègre l’École de médecine navale de Brest à l’âge de 20 ans, ce qui lui permettra d’exercer non seulement la médecine navale mais aussi la médecine tropicale « aux colonies ». Il découvre la Guyane en 1869 à l’occasion d’une escale à Cayenne du navire-hôpital
    sur lequel il assure la fonction d’aide-médecin. Il participe à de nombreuses missions pendant la guerre de 1870 entre la France et la Prusse et est blessé à l’avant-bras en 1871. Marqué par son premier voyage en Guyane, l’Amérique du Sud devient sa terre de prédilection. Devenu chirurgien de marine en 1872 après la soutenance de sa thèse, il réalise à partir de 1876 quatre expéditions en Amérique du Sud. Les deux premières lui permettent de parcourir la Guyane, tout d’abord de Cayenne à l’Amazone en traversant les monts Tumuc-Humac à la hauteur de l’actuelle borne de tri-jonction, puis de l’Oyapock au fleuve Paru, au Brésil. Naturaliste reconnu, il ramène de ses explorations une grande quantité d’informations sur la faune, la flore, les paysages et l’ethnologie de la forêt amazonienne.
    Il meurt en avril 1882 au cours de sa quatrième expédition, tué avec une grande partie des membres de son explo- ration sur les bords du río Pilcomayo dans le Chaco bolivien. Le mobile de ce massacre, attribué aux indiens Tobas, garde cependant une part de mystère.
    Née de la colonisation française en Amérique du Sud, la Guyane a vu ses frontières se fixer tardivement du fait des traités, des conflits et des contestations, notamment liés à un désaccord sur l’identification du cours d’eau représentant la frontière entre la France et le Brésil. L’importance d’une délimitation et d’un contrôle des frontières de la Guyane, initiés par ordre de Louis XIV, a pris tout son sens avec la découverte d’or, l’exploitation du bois et enfin l’installation du centre spatial guyanais à Kourou au XXe siècle. Si les frontières ouest (représentée globalement par le fleuve Maroni et son affluent la Litani) et est (représentée par le fleuve Oyapock) ont des limites naturelles évidentes, la frontière méridionale, par sa difficulté d’accès, n’a initialement pas de limites précises. En 1938, une commission tripartite entre le Suriname, la France et le Brésil permet de poser une « borne tri-jonction » entre ces trois pays. Ce n’est que 12 ans plus tard, en 1950, que le Brésil et la France aboutissent à un accord en calquant la frontière sur la ligne de partage des eaux entre le bassin amazonien et le bassin des fleuves guyanais. La frontière est reconnue dès 1956 par une série de missions dirigées par Jean-Marcel Hurault et Pierre Frénay, de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) : sept bornes en béton sont mises en place en 1962. Plus récemment, en 1991, entre les bornes 6 et 7, sont disposées trois bornes supplémentaires portant le nombre total des bornes à onze (en comptant la borne tri- jonction).
    La frontière sud de la Guyane s’étend d’ouest en est, de la borne tri-jonction à la source du fleuve Oyapock sur 320 km. L’éloignement de ce désert vert rendant difficile le ravitaillement, la traversée de cette région n’a jamais été réalisée d’une seule traite par une expédition, y compris celles chargées de l’arbitrage de démarcation de la frontière. Ainsi, certains tronçons ont été reconnus, en y accédant par les cours d’eau, laissant de côté les portions les plus difficiles pour des extrapolations fondées sur des photographies aériennes.
    Les bornes en béton et la ligne de partage des eaux qu’elles matérialisent traversent à l’ouest les monts Tumuc-Humac,
    dont la difficulté d’accès a empêché de nombreuses explorations. Pour les Brésiliens, cette zone protégée, plus vaste que le parc amazonien de Guyane en miroir, englobe la totalité de la frontière guyano-brésilienne. En Guyane, on limite ces monts plutôt à la partie ouest de la frontière qui est la zone la plus élevée et celle explorée par Jules Crevaux. Comme le dit très justement le géographe François-Michel Le Tourneau dans un blog du CNRS,
    Même s’il ne tarit pas d’éloges sur les montagnes de cette région, parfois aidé par la traduction de ses guides pour certaines d’entre elles (mont Chitou Mongo = montagne rocheuse), le Dr Jules Crevaux, à l’issue de son passage dans cette région, en atténue le mythe dans son récit :
    la réalité du terrain montre à l’ouest une succession de mamelons et parfois d’inselbergs (rochers émergeant de la forêt) pouvant atteindre 600 à 650 m d’altitude autour du massif du Mitaraka (la borne 1 culminant à 590 m). Dans la réalité, quand nous parcourons la frontière d’ouest en est, nous constatons que l’altitude diminue progressivement et le relief s’adoucit au fil des kilomètres pour atteindre 289 m d’altitude à la borne 7, point final du raid. Il n’en reste pas moins qu’une expédition pédestre de 45 jours et 340 km parcourus, qui plus est dans un contexte climatique équatorial et avec ce type de relief, relève d’un exploit humain et logistique incontestable. En effet, l’absence de ligne directrice précise a rendu impossible l’optimisation d’un trajet en suivant strictement une ligne de crête. Il a fallu alors affronter les différentes collines et parcourir plus de 15 000 m de dénivelés positif et négatif.
    L’essentiel de la végétation sur la frontière est constitué par la forêt primaire qui a la particularité d’être constituée de grands arbres et d’un sous-bois fait de lianes, de racines et de petits arbustes mais dont l’aspect relativement clairsemé a permis sur certaines périodes une progression relativement rapide. Sur cette frontière comme dans toute la Guyane, particulièrement à la saison des pluies, l’instabilité des grands arbres ancrés sur un sol peu profond devait être recherchée avant l’installation du bivouac. Enfin, le réseau hydrographique, orienté perpendiculairement à cette ligne de partage des eaux n’étant constitué que de marécages et ruisseaux parfois éloignés, n’a pas pu être utilisé comme voie de transport.
    Les membres de l’expédition n’ont pas croisé de population pendant le raid. Cette absence d’activité humaine récente sur le tracé de la frontière n’a pas toujours été vraie. En effet, l’expédition a mis en évidence dans certaines zones granitiques, pouvant être anciennement des abris, des vestiges de type poteries ou des polissoirs au niveau des cours d’eau. L’activité humaine peut également se manifester par une transformation locale de la végétation qui peut être le fait de travaux ou cultures.
    C’est la première fois qu’une expédition parcourt la frontière sud de la Guyane à pied, en une seule fois et en semi-autonomie. La difficulté de ce véritable ex- ploit humain et logistique, né de la coopération civilo- militaire, avait pu être anticipée grâce aux écrits des explorateurs précédents. Ce raid a permis aux scientifiques de préciser cette frontière et aux militaires de redécouvrir le savoir-faire en forêt profonde. Pour autant, la modification de cette frontière ne pourra être effective que dans le cadre d’accords bi-nationaux franco-brésiliens.
    Un suicide en Alsace en 1802
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    Un ex-voto d’une chapelle alsacienne montre une scène inattendue dans un tel lieu.
    Il n’y a pas d’entrée « suicide » dans le fameux dictionnaire voulu et dirigé par Jean Tulard,1 bien qu’un tel geste ait failli mettre fin à l’épopée napoléonienne !2 Et bien que, encore Premier consul, Bonaparte ait assez durement promulgué un ordre du jour sur le suicide, à Saint-Cloud, le 22 floréal an X, ou 12 mai 1802, à la suite d’un cas particulier survenu parmi ses proches soldats : « Le grenadier Gobain s’est suicidé par des raisons d’amour ; c’était d’ailleurs un très bon sujet. C’est le second événement de cette nature qui arrive au corps depuis un mois. Le Premier consul ordonne qu’il soit mis à l’ordre du jour de la Garde : “Qu’un soldat doit savoir vaincre la douleur et la mélancolie des passions ; – qu’il y a autant de vrai courage à souffrir avec constance les peines de l’âme qu’à rester fixe sous la mitraille d’une batterie. S’abandonner au chagrin sans résister, se tuer pour s’y soustraire, c’est abandonner le champ de bataille avant d’avoir vaincu”. » Devenu Napoléon Ier, l’Empereur fera tout de même établir dans le Code (1810) que le suicide n’est pas un crime et n’est donc plus réprimé en France.
    C’est pourquoi un ex-voto alsacien nous a paru particulièrement intéressant pour ce sujet qui reste un peu secret et gênant :3 la même année que le grenadier, un riche vigneron alsacien semble avoir été poussé aux mêmes extrémités, mais nous n’en connaissons pas les circonstances. Le tableautin vint de Kientzheim (fig 1.), plus précisément de sa chapelle consacrée à saint Félix et à sainte Régule, frère et sœur martyrs sous Dioclétien, décapités avec leur serviteur Exuperantius. Ce lieu de culte (aujourd’hui ouvert gratuitement au public) contient un peu plus de cent ex-voto, et, comme dans les autres villes de pèlerinage d’Alsace (Oberhaslach, Plobsheim, Thierenbach, Dusenbach, Marienthal), un miracle s’est jadis produit à Kientzheim : en 1466, l’église de Sigolsheim, toute proche, ayant été dévastée par la guerre, deux de ses statues, l’une de la Vierge et l’autre de saint Jean, y furent transportées. C’est alors que les témoins constatèrent que celles-ci pleuraient. Un procès-verbal fut dressé pour consigner l’événement et recueillir tous les témoignages. Par la suite, Bernardin Buchinger, abbé de Lucelle, fit éditer le Mirakelbuch, recueil des événements miraculeux survenus au cours des pèlerinages, et des indulgences épiscopales furent accordées par les évêques de Bâle. Dès 1467, les pèlerins affluent à l’occasion des fêtes mariales, des processions et des offices. Ils apportent des offrandes diverses ainsi que des ex-voto qui sont accrochés dans l’église.
    Celui qui nous intéresse aujourd’hui se présente en deux parties selon le modèle classique sur ce site et en bien d’autres lieux :4 la partie terrestre avec les personnes suppliantes ou reconnaissantes figurant de telle manière qu’on peut imaginer les raisons de leur démarche ; et la partie céleste située au-dessus, séparée de la partie terrestre par des nuages. Ici la Vierge et saint Jean prient eux-mêmes de part et d’autre du Christ en croix (fig 2.) ; la chambre humaine et les cieux ne sont pas nettement séparés, mais au contraire fondus ensemble par une marge de nuages gris. Sur le plancher de la chambre, à même le sol et sans cartouche ni phylactère, il porte l’inscription « ex-voto 1802 », mais ne donne pas de nom, et n’explique pas les circonstances.
    Entrons dans les détails. Au premier plan à gauche, en un lieu non précisé puisqu’il n’apparaît que par les larges lattes de son plancher, trône un riche lit rem­bourré à baldaquin ouvragé d’une jolie couleur bleue, la même que celle de la couverture ; contre la tête de lit un traversin et un oreiller redressé sur lesquels s’appuie du dos un homme coiffé d’un bonnet de nuit et d’une ample chemise largement dégrafée, tous deux d’un délicat beige rosé ; il a un regard bizarre, horrifié peut-être, ou tourné vers le ciel (fig 3.). Et il y a de quoi ! En effet, sa main droite appuyée sur le drap blanc tient une serpette de vigneron bien empoignée, pointe en haut ; le bras gauche, tendu au-dessus du sol, sorti d’une manche au poignet déboutonné et légèrement remontée, présente une longue plaie sanglante et ouverte, de la paume de la main au poignet, avec de petites traces suspectes un peu plus haut sur l’avant-bras. Le sang se répand en un large flot.
    On ne peut que lire dans la scène une très sérieuse tentative d’autolyse, avec chez le « suicidé » le soulagement en fin de compte d’être en vie, le soulagement certainement aussi d’être en règle avec Dieu qui lui a pardonné d’avance en quelque sorte, et qu’il est bien juste de remercier. Car il est dit dans le catéchisme de l’Église catholique : « Le suicide est gravement contraire à la justice, à l’espérance et à la charité. Il est interdit par le cinquième commandement ». Mais en ces temps troublés où se côtoient prêtres assermentés et prêtres réfractaires, les affrontements entre ces deux groupes surpassent sans doute la question du suicide.
    Dans le récit pictural, il y a peu de cohérence : l’instrument du geste suicidaire n’est pas souillé, le sujet pisse le sang mais n’est pas allongé et a gardé la maîtrise de ses bras ; le sang n’arrive pas à terre. Le peintre semble avoir mêlé plusieurs étapes de l’événement en une seule image, celle d’un suicide en milieu rural mais d’un niveau social assez élevé, et en même temps suicide par arme de service en quelque sorte, puisque l’arme par destination est une serpette de vigneron ! Au XIXe siècle, on trouve dans les journaux médicaux de nombreux gestes de ce genre, avec lésion de l’artère radiale capable d’entraîner une hémorragie mortelle.5
    Une belle icône pour les suicidologues que ce tableautin ! Mais aussi un appel pour que d’autres amateurs observent et analysent des ex-voto d’autres provinces de France, ou d’autres pays.
  3. Découvrir
    Les représentations antiques révèlent parfois des états pathologiques, dont les manifestations visibles ont frappé les artistes.
    Dans Les Maladies dans l’art antique, ouvrage publié en 1998 chez Fayard, Mirko Grmek et Danielle Gourevitch avaient tenté de définir l’iconodiagnostic,1 considér
    Parmi ces portraits, celui d’une petite fille porteuse de plusieurs indicia mortis,2 et notamment d’un extraor­dinaire hippocratisme digital.
    On peut rapprocher ce cas de celui d’un autre enfant ­antique, un garçon étrusco-romain cette fois, Aulus Caecina Selcia, mort à l’âge de 12 ans (musée Guarnacci, Volterra), avec s
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    En complément de la magie, les médecins égyptiens ont progressivement élaboré de nombreux remèdes qui se sont ensuite transmis de génération en génération.
    Les médecins égyptiens de l’Antiquité, les « sounou »,1 ont étudié les maux qui accablaient leurs contemporains pour tenter d’y remédier ou de les soulager.
    Nombreux et variés, ses remèdes ont fait la réputation de la médecine égyptienne dans le monde antique.2 Kemi, la terre noire, le nom égyptien de l’Égypte, serai
    La pharmacopée égyptienne utilisait des substances d’origine minérale, végétale et animale.6
    Selon les papyrus médicaux, la préparation des remèdes exigeait rigueur et minutie quant aux ingrédients nécessaires, à leur mode de préparation et à leur voie d’administration.
    Les différentes substances utilisées étaient énumérées, avec pour chacune d’elles le volume (et non le poids) nécessaire à la confection du remède.
    Il était énoncé avec précision : « Une fumigation pour rendre agréable l’odeur de la maison ou des vêtements ; les ingrédients seront moulus finement, pétris en une masse homogè
    Les Égyptiens avaient surtout recours à la voie orale, sous forme de potions, infusions, décoctions, macé­rations, mais aussi de pilules, pastilles, boulettes, etc.
    L’élaboration des remèdes, dans la plupart des cas, était le fait du médecin lui-même.
    Les médecins déportés au camp de concentration de Natzweiler
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    Jusqu’au 15 juin 2019, le Centre européen du résistant déporté, sur le site de l’ancien camp de concentration nazi de Natzweiler (Bas-Rhin), propose aux visiteurs une exposition te
    Le camp de de Natzweiler fut implanté en mai 1941 au lieu-dit du Struthof, dans l’Alsace annexée de fait par le IIIe Reich. À partir de fin 1942, il se dote d’une cinquantaine de camps annexes situés de part et d’autre du Rhin. Dans ces différents lieux, la situation sanitaire est terrible, et le rôle des déportés médecins n’en est que plus crucial.
    L’exposition « Au nom d’Hippocrate »* essaie de comprendre leur rôle, grâce à des témoignages, des illustrations originales émanant de déportés et des dessins réalisés par l’illustrateur Édouard Steegmann. Elle présente également des objets ainsi qu’un documen- taire sur le résistant belge Georges Boogaerts, déporté à Natzweiler. En contrepoint de l’exposition, l’artiste plasticienne Angélique Bègue a composé une série de peintures sur les médecins nazis qui utilisèrent les déportés comme cobayes.
    Nous sommes partis d’un constat : alors que le sujet des médecins nazis qui ont œuvré dans les camps est bien documenté, celui des médecins déportés reste sous-étudié. Pourtant, il pose des questions fondamentales : que peut faire un médecin dans un camp, confronté à des pathologies souvent violentes, mais lui-même affaibli et dépourvu de moyens ? que signifie exercer la médecine dans un camp où la mort règne ? soulager son prochain ? faire acte de résistance ? sauver sa peau grâce à son savoir ? À travers l’exemple du camp de concentration de Natzweiler et de ses camps annexes, cette exposition apporte quelques pistes de réflexion fondées sur les archives et les témoignages, sans prétendre à l’exhaustivité sur un sujet complexe.
    Il est difficile de dire combien de médecins furent déportés à Natzweiler. Les registres du camp comportent souvent des données erronées sur les professions. Certains médecins, par ailleurs, ont caché leur fonction pour ne pas être utilisés comme assistants par les médecins nazis qui pratiquaient des expérimentations humaines au camp. Dans l’état actuel de la recherche, 95 médecins et 23 étudiants en médecine ont été répertoriés parmi les 52 000 déportés de Natzweiler. Ils appartenaient à 12 nationalités différentes.
    Nous n’avons de renseignements biographiques précis que pour un petit nombre d’entre eux, parmi lesquels les sept médecins qui servent de fil conducteur à notre exposition. Avant d’être arrêtés pour faits de résistance, tous exerçaient la médecine. Nous les avons choisis originaires de plusieurs pays d’Europe pour rappeler la dimension internationale de la population concentrationnaire et montrer que l’engagement déontologique n’a pas de frontière. André Ragot était médecin militaire dans la Marine française, Robert Morel était interne à l’hôpital d’Arles, et Léon Boutbien exerçait en région parisienne. Nous présentons aussi le parcours du médecin norvégien Leif Poulsson, et de deux médecins allemands aux personnalités très différentes, le communiste Fritz Lettow et le socialiste Werner Vogl, neurologue à Wiesbaden, marié à une femme juive. Le cas de Georges Boogaerts, médecin dans l’armée belge, est particulièrement documenté. C’est lui, du reste, qui a donné son visage à l’affiche de l’exposition.
    Les conditions sont apocalyptiques. L’état de santé des déportés est délétère : les privations alimentaires, le travail épuisant et l’absence d’hygiène, auxquels s’ajoutent les conditions climatiques extrêmes du camp principal, favorisent le déclenchement et la propagation des maladies. Les blessures par accident ou provoquées par les SS (morsures de chien, coups, flagellations, armes à feu) sont quotidiennes. Affaiblis, les déportés perdent peu à peu leurs défenses immunitaires et leur énergie. Dans ce contexte, des pathologies bénignes en temps normal (rhinites, maladies intestinales, abcès…) sont souvent fatales. La tuberculose trouve là un terrain propice. À partir de 1944, la situation se dégrade encore, avec la survenue d’épidémies particulièrement mortifères. Redouté par les SS qui craignent pour leur propre vie, le typhus fait des ravages dans le camp principal de Natzweiler, provoqué en partie par les expériences conduites par le médecin nazi Eugen Haagen.
    C’est très compliqué. Soigner son prochain est avant tout un acte d’engagement personnel. Les médecins n’ont ni médicaments ni matériel et ils doivent prodiguer leurs soins à la sauvette. Ils inventent une médecine de la débrouille en recourant aux techniques ancestrales et aux produits naturels accessibles – du charbon de bois contre la dysenterie, un linge mouillé froid autour de la gorge contre l’angine. Les savoirs sont réinterrogés, les connaissances s’échangent entre spécialistes des différents pays. Chaque guérison est une victoire scientifique tout autant qu’un miracle, comme en témoigne Fritz Lettow : « Les opérations septiques, inflammations avec suppuration, étaient les plus fréquentes. J’en effectuais de six à huit par jour. Dans les presque deux ans de mon activité à Natzweiler, j’avais fait près de deux mille de ces opérations, parfois à des endroits rares. Comme la capacité de guérison des patients était très faible, surtout à cause de la malnutrition, les plaies septiques des flegmons devaient être démesurément agrandies. »
    Certains médecins ou étudiants en médecine se sont comportés de manière très peu solidaire ; les survivants leur en ont fait le reproche après la guerre. Mais dans leur grande majorité, les médecins ont respecté leur serment d’Hippocrate et essayé de soulager les douleurs. Cela leur a posé des cas de conscience inédits. Par exemple, dans un camp, face à la quantité de malades, qui doit-on tenter de sauver – ce qui signifie en contrepoint : qui doit-on accepter de laisser mourir ? Autre dilemme : doit-on ou non seconder les médecins nazis qui pratiquent des expériences sur les déportés, dans l’espoir d’obtenir des moyens et des informations ? Il faut également noter que la médecine, à Natzweiler, a parfois été une arme de résistance : les faux diagnostics établis par les médecins déportés ont permis d’éviter la mort de certains résistants. Par exemple, pour éviter le transfert vers une mort certaine du jeune déporté Alex Lapraye, les médecins Boogaerts et Laffite l’opérèrent de l’appendicite la veille de son départ. Problème : un médecin SS survient pour assister à l’opération, alors que l’appendice est bien sûr parfaitement sain. Les deux confrères risquent la mort. Mais ils réussissent à détourner l’attention du SS et à frotter l’appendice avec un coton imbibé d’éther pour le rendre turgescent… À l’inverse, un acte médical habile sert de temps en temps à se débarrasser d’un kapo trop violent…
    Reconnus pour leur art, les médecins déportés étaient souvent sollicités par les médecins nazis pour les seconder dans les expérimentations et les autopsies qui s’ensuivaient. D’autres demandes étaient plus insolites : Robert Morel, un jour, reçut l’ordre du SS Telschow de soigner son chiot « Bouboule », chez lequel il diagnostiqua une hypertrophie d’un lobe de la thyroïde. « S’il meurt, tu mourras avec lui », répondit le SS. Pour les médecins, ces situations sont particulièrement éprouvantes. Leur engagement résistant rend inconcevable une quelconque coopération avec les nazis, et en même temps ils peuvent espérer ainsi obtenir des avantages pour eux-mêmes et/ou pour leurs camarades. Boogaerts, ainsi, participe aux autopsies aux côtés des médecins nazis qui opèrent dans le camp pour être en mesure de témoigner lors des procès à la Libération, ce qu’il ne manquera pas de faire. Sa position auprès des SS lui permet également d’accéder à la fonction de médecin-chef du revier (infirmerie des déportés), un poste-clé pour sauver des vies. Morel, en échange des soins vétérinaires qu’il prodigue à Bouboule, obtient le droit de conserver la valise d’instruments chirurgicaux que le SS lui a procurée.
    La première conséquence est d’ordre médical. À partir de ce qu’ils ont observé, les médecins déportés dans les camps sont en mesure de décrire les symptômes et les séquelles des pathologies spécifiques à la déportation. Lors du premier congrès médical de la Fédération internationale de la Résistance en 1954 est établi le syndrome des camps de concentration, reconnu par l’Organisation mondiale de la santé. Ce syndrome répond à un ou plusieurs des symptômes suivants : fatigue, déficit pondéral, maux de tête, résistance amoindrie à la tuberculose, instabilité émotionnelle (sautes d’humeur, irritabilité), état dépressif pouvant mener au suicide, diminution de la mémoire immédiate (handicap à la réinsertion).
    Ces mêmes études de 1954 estiment que parmi les déportés survivants 10 % sont atteints d’affections graves ne permettant pas de travailler et 25 % d’affections sérieuses qui ne permettent qu’une adaptation sociale atténuée, tandis que 65 % ont « récupéré » physiquement. La deuxième conséquence est judiciaire. Dans les camps, les médecins ont été les témoins des terribles agissements de leurs confrères nazis. À Natzweiler, par exemple, le médecin nazi Haagen, virologue de renom, a testé sur les déportés un vaccin sur le typhus et déclencha ainsi une vaste épidémie qui fit de nombreuses victimes. Dans la chambre à gaz, le docteur Bickenbach a utilisé des cobayes humains pour vérifier l’effet de l’urotropine comme antidote au gaz de combat phosgène. Quatre déportés tsiganes meurent immédiatement. Le docteur Hirt, membre de la SS, directeur de l’Institut d’anatomie de la Reichsuniversität de Strasbourg, a commandité le gazage de 86 déportés juifs spécialement sélectionnés à Auschwitz-Birkenau et acheminés à Natzweiler pour constituer une collection anatomique de squelettes juifs.
    Plusieurs médecins déportés participent aux procès d’après-guerre. Robert Morel et Georges Boogaerts témoignent contre Haagen et Bickenbach lors du procès de Metz en 1952. Les deux nazis sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, peine qui est ramenée à 20 ans en 1954, avant que tous deux soient libérés en 1955 et retournent exercer la médecine en Allemagne... Hirt est jugé par contumace mais s’est suicidé entre-temps.
    La dernière conséquence, la plus durable sans doute, est déontologique. À l’issue du procès de Nuremberg (1946-1947) où sont jugés 23 médecins nazis, une liste de 10 critères est rédigée pour fixer le cadre d’une pratique expérimentale acceptable. L’article 1 pose pour principe essentiel le consentement volontaire du sujet humain. L’article 4 rappelle que toute expérience doit être conduite de façon à éviter la souffrance du sujet.
    Cette liste, connue sous le nom de code de Nuremberg, n’est pas la première tentative d’introduire l’éthique dans la médecine. Mais c’est la première fois qu’un pareil texte revêt une dimension universelle. Le code de Nuremberg est conforté en 1964 par la déclaration d’Helsinki et en 1975 lors du congrès de Tokyo : depuis lors, toute recherche sur les sujets humains qui ne respecterait pas la déclaration est interdite de publication.
    Nous espérons, par cette exposition, par les conférences qui y ont été associées, par nos interventions au Forum européen de la bioéthique, contribuer à sensibiliser la société à ces enjeux déontologiques qui sont au fondement de notre humanité.
  4. Découvrir
    Créées à une dizaine d’années d’intervalle au début du xxe siècle, les deux sociétés savantes, toujours très actives, ont une histoire intriquée.
    Les professions de santé ont des histoires profondément intriquées, chacune ayant en définitive le même objectif que ses homologues : maintenir ou restaurer le bien-être physique e
    Paul Marie Jean Dorveaux était né le 21 juillet 1851 à Courcelles- Chaussy, un petit bourg mosellan situé à une vingtaine de kilomètres de Metz (fig. 1)
    Lorsque Eugène-Humbert Guitard (fig. 2), sorti diplômé quelques années plus tôt de l’École nationale des chartes, eut l’idée de créer une société sa
    Les statuts de la Société d’histoire de la pharmacie s’inspirèrent directement de ceux de la Société française d’histoire de la médecine.
    Plus de 100 ans après leurs naissances respectives, les deux sociétés historiques poursuivent, bon an mal an, leur exploration du passé médico-pharmaceutique.

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