objectifs
Connaître la prévalence et les agents infectieux. Diagnostiquer les complications et connaître les critères d’hospitalisation ainsi que les traitements des bronchites aiguës, des bronchiolites, des exacerbations de BPCO et des pneumonies communautaires. Connaître le traitement de la pneumonie à pneumocoque.

Nosographie

Les infections bronchopulmonaires ou infections respiratoires basses de l’adulte et de l’enfant sont l’une des principales causes de morbi-mortalité en France. La survenue de ces infections chez un sujet non exposé aux soins en définit le caractère communautaire. Le site de l’atteinte – bronchique ou parenchymateuse – détermine deux grands cadres nosologiques. Les caractéristiques de l’hôte distinguent les infections respiratoires basses survenant sur poumon sain de celles survenant sur poumon pathologique, et les infections respiratoires basses du sujet immunocompétent de celles du sujet immunodéprimé.
Les infections respiratoires basses communautaires sont ainsi divisées en cinq entités : bronchite aiguë du sujet sain, exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive, bronchiolite du nourrisson, pneumonie aiguë communautaire et pneumonie de l’immunodéprimé.
Nous aborderons successivement la bronchite aiguë du sujet sain et la pneumonie aiguë communautaire. La bronchiolite du nourrisson est traitée dans un focus dédié aux aspects pédiatriques des infections respiratoires basses. La pneumonie de l’immunodéprimé est traitée dans les items 165 et 187. L’exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive est traitée dans l’item 205.

Bronchite aiguë du sujet sain

Elle correspond à une inflammation aiguë de l’arbre trachéo­bronchique et des bronchioles. Cette inflammation est le plus souvent d’origine infectieuse. Les bronchites aiguës d’origine toxique, plus rares, ne sont pas l’objet de ce chapitre.

Épidémiologie

La bronchite aiguë est une infection très fréquente (incidence annuelle de 17 %, soit 10 millions de cas par an en France) survenant essentiellement en hiver. Elle est principalement de cause virale (rhinovirus, virus influenza et para-influenza, virus respiratoire syncytial, métapneumovirus humain...). La cause est bactérienne dans moins de 10 % des cas.

Diagnostic

Le diagnostic est clinique. Il repose sur l’association d’une toux plus ou moins productive d’apparition aiguë ou subaiguë sans signe de pneumonie. La fièvre est inconstante. Des râles bronchiques peuvent être présents à l’auscultation. La présence d’une expectoration et son caractère purulent ne témoignent pas d’une cause bactérienne.

Traitement

L’évolution est spontanément favorable. La persistance de la toux au-delà de 3 semaines doit faire rechercher un diagnostic alternatif. La prescription d’antibiotique n’a pas démontré de bénéfice, notamment sur la durée de la toux, et n’est pas recommandée. Les corticoïdes (par voie inhalée ou systémique), les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les mucolytiques ne sont pas recommandés.

Pneumonie aiguë communautaire

La pneumonie correspond à une inflammation aiguë du parenchyme pulmonaire d’origine infectieuse. La survenue d’une pneumonie chez un sujet immunocompétent non exposé aux soins définit le caractère communautaire de la pneumonie.

Épidémiologie

La pneumonie aiguë communautaire est une pathologie fréquente. Son incidence annuelle est estimée à 5,6 cas pour 1 000 habitants en France (soit environ 500 000 nouveaux cas par an). Son incidence varie en fonction de l’âge (plus élevée avant 5 ans et après 65 ans) et serait plus élevée dans les pays en voie de développement.
La pneumonie aiguë communautaire est la première cause de décès d’origine infectieuse en France et en Europe. La mortalité est influencée par l’âge, les comorbidités et l’agent pathogène. Elle varie de moins de 1 % (sujet ambulatoire, immunocompétent sans comorbidité) à 50 % (sujet âgé avec comorbidités, admis en réanimation).
Jusqu’à 50 % des patients sont hospitalisés (dont 7,5 à 10 % en réanimation ou soins intensifs). La durée moyenne de séjour est de 13,6 jours. L’impact économique est principalement lié à l’hospitalisation et à la non-reprise de l’activité professionnelle.
Les principaux facteurs de risque de développer une pneumonie aiguë communautaire sont présentés dans le tableau 1.

Diagnostic

Le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire repose sur l’association de signes cliniques et radiologiques.

Clinique

Les signes cliniques associent des signes généraux (asthénie et anorexie), des symptômes respiratoires (toux et expectoration) et des signes physiques (fièvre, tachypnée et râles à l’auscultation). Dans 30 % des cas, l’examen clinique objective des signes témoignant d’un foyer de condensation alvéolaire. Le tableau est moins typique chez le sujet âgé (chute, incontinence, troubles du comportement, troubles digestifs) et chez l’enfant.

Imagerie

Radiographie de thorax
L’imagerie thoracique met en évidence un infiltrat alvéolaire ou alvéolo-interstitiel systématisé ou non, éventuellement associé à une pleurésie ;
Scanner thoracique
Le scanner thoracique n’est pas réalisé de manière systématique pour le diagnostic...

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