Une mesure indispensable, urgente et toujours efficace si elle est appliquée !
L’International Working Group of the Diabetic Foot (IWGDF) a spécifié en 2015 que 85 % des patients diabétiques amputés d’un membre inférieur ont eu au départ une ulcération du pied et que, 4 fois sur 5, ces ulcérations ont une origine mécanique, microtraumatique. Les recommandations de l’IWGDF stipulent donc l’utilisation d’un moyen inamovible de décharge remontant au genou pour cicatriser une plaie plantaire neuropathique non ischémique et non infectée, avec un niveau fort de recommandations et un niveau de preuve élevé.1
Le pied d’un patient diabétique ne devient « à risques » (certains parlent alors de « syndrome du pied diabétique ») que lorsque les complications du diabète sont responsables de neuropathies et d’artériopathies ou de déformations du pied.

En cas de plaie, pourquoi décharger le pied diabétique ?

L’élévation des pressions plantaires est une des causes bien démontrée de plaie du pied diabétique dans des études prospectives et rétrospectives.2 La physiopathologie de ces plaies à risques repose essentiellement sur une cause mécanique qui est trop souvent occultée : ce sont des plaies siégeant sur des zones d’hyperpression du pied (non différentes des plaies neuropathiques non diabétiques) parfaitement identifiables à l’avance ; à laquelle il faut ajouter la composante dynamique de la marche qui est le propre de la fonction du pied. Ces zones à risques sont toutes les zones de protrusion osseuse : hallux valgus, quintus varus, pied valgus ou en varus, styloïde du 5e métatarsien, griffes d’orteils, neuro- arthropathie de Charcot du médio-pied. La combinaison de déformations du pied avec perte de sensibilité et d’une décharge inadéquate lors de la marche contribuent à créer la plaie et à « l’entretenir ».
Le rapport avec le diabète est indirect par le biais de la neuropathie qui a contribué aux déformations du pied (amyotrophie des muscles intrinsèques, déplacement de la plaque plantaire [couche de tissu fibreux] vers la base des orteils diminuant la couverture des têtes métatarsiennes, déformation par neuro-arthropathie de Charcot).
La mise en décharge stricte est une condition essentielle de la cicatrisation de ces plaies qui surviennent sur un pied neuropathique, indolore dans 90 % des cas. Ce phénomène mécanique de création, d’entretien et d’aggravation des plaies du pied diabétique est à prendre en compte pour éviter l’aggravation catastrophique infectieuse et/ou nécrotique de ces plaies.

Quel est le niveau de preuve ?

La diminution des pics de pression plantaire fournie par le port d’un plâtre en résine fermé remontant...

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