Les troubles anxieux, principalement le trouble panique et l’agoraphobie, les phobies et l’anxiété généralisée, sont les troubles psychiatriques les plus fréquents vus en médecine générale. Les deux traitements qui ont fait la preuve de leur efficacité sont les médicaments, anxiolytiques et antidépresseurs, et les psychothérapies.1
Il est recommandé de prendre en charge les troubles anxieux dans leur forme modérée, les plus fréquentes en soins primaires, par des traitements non médicamenteux pour prévenir la dépendance et des effets indésirables des psychotropes. Ce sont les psychothérapies et des techniques psychocorporelles qui sont les mieux validées. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont les psychothérapies indiquées en première intention dans tous les troubles anxieux.2 Elles restent encore difficilement accessibles pour le patient en raison de l’insuffisance de praticiens formés, de l’accès très limité aux consultations psychiatriques et du non-remboursement des actes pratiqués par les psychologues-psychothérapeutes en TCC.
Les TCC nécessitent du temps et une formation spécialisée, ce qui explique qu’elles ne soient que très peu proposées en soins primaires. Le médecin traitant qui est en première ligne alors qu’il n’a pas été formé à ces pratiques durant ses études peut, en revanche, jouer un rôle capital pour informer, « initier » la pratique et guider des exercices simple et ainsi traiter beaucoup de patients qui ne sont pas suivis par des psychiatres ou des psychologues. Pour les patients les plus sévèrement atteints, il favorise l’accès aux psychothérapeutes pratiquant les TCC.
On peut schématiquement distinguer différents outils de TCC utilisables en soins primaires.

Psychoéducation

L’information du patient sur son trouble et les moyens non médicamenteux constituent la première étape du traitement. La reconnaissance des différents signes anxieux et de leurs mécanismes ainsi que les moyens d’agir favorisent l’alliance thérapeutique. Le patient se sent « entre de bonnes mains », il comprend qu’il doit agir par lui-même mais se sent compris et aidé.
On doit l’aider à distinguer les signes physiques, les pensées (ruminations) et les comportements (agitation, évitement, recherche de réassurance) et même parfois les émotions (colère, découragement) qui accompagnent le tableau de trouble anxieux.
Face à des symptômes somatiques marqués, il convient de lui expliquer qu’il s’agit de l’exagération de phénomènes normaux et qu’il est inutile de multiplier des examens médicaux dont les résultats sont sans particularité.
Les pensées anxieuses dysfonctionnelles et les croyances erronées sont souvent reconnues par le patient lui-même sans qu’il puisse pour autant s’en débarrasser.
Face à un mal-être anxieux qui entraîne une véritable souffrance et une demande de soulagement, il faut l’informer du caractère transitoire de cet état et sur les possibilités d’amélioration sur le court terme.
La bibliothérapie consiste en la...

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