Primo-infection herpétique

Un homme de 23 ans consulte pour des douleurs anales intenses, survenues 6 jours après un rapport sexuel. Il se plaint également de ténesme et de troubles urinaires. L’examen clinique révèle une éruption cutanée (fig. 1).

L’infection anorectale par l’Herpes simplex virus est une infection sexuellement transmise (IST) fréquente. Le virus de type 1 se transmet par contact oro-anal et celui de type 2 par pénétration anale ; leurs manifestations cliniques sont similaires. 

La primo-infection est en général asymptomatique mais peut être bruyante. La durée d’incubation varie de 4 à 21 jours. L’atteinte est anale marginale, périanale et/ou anorectale avec une éruption vésiculaire initiale, suivie d’ulcérations douloureuses, multiples et confluentes, volontiers associées à de la fièvre, une dysurie, un ténesme et des adénopathies inguinales. Des formes sévères, extensives et hyperalgiques, sont possibles en cas d’immunosuppression. 

Les récurrences sont moins symptomatiques ; elles se manifestent sous la forme d’un bouquet transitoire de vésicules cutanées, le plus souvent prurigineuses, rarement douloureuses (fig. 2). 

Le diagnostic est évoqué sur l’anamnèse et le contexte clinique. Les prélèvements locaux pour mise en évidence du génome viral par PCR, de l’antigène viral par ELISA ou par immunofluorescence et/ou du virus par culture cellulaire permettent d’être formel.

L’évolution est spontanément favorable en quelques jours. Le traitement n’est donc indiqué qu’en cas de forme très symptomatique et/ou de récurrences trop fréquentes et rapprochées ; il repose alors sur les antiviraux dont les modalités d’administration dépendent de la forme clinique et du terrain.

Pour en savoir plus
Gnann JW Jr, Whitley RJ. Genital Herpes. N Engl J Med 2016;375(7):666-74.
de Vries HJC, Nori AV, Kiellberg Larsen H, et al. 2021 European Guideline on the management of proctitis, proctocolitis and enteritis caused by sexually transmissible pathogens. J Eur Acad Dermatol Venereol 2021;35(7):1434-43.
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La Revue du Praticien Médecine Générale

Barotraumatisme de l’oreille moyenne

Un patient de 34 ans, sans antécédents particuliers, explique avoir sauté d’un plongeoir haut d’environ 6 mètres et avoir ressenti une vive douleur de l’oreille droite sous l’eau. Il consulte le lendemain car la douleur persiste et s’associe à une sensation de plénitude de la même oreille. À l’examen, on constate une collection hématique rétrotympanique. L’audiogramme est peu altéré et le tympanogramme montre un aplatissement de la courbe. Un traitement par prednisolone est débuté à la dose de 1 mg/kg ainsi qu’une antibiothérapie par amoxicilline-acide clavulanique (1 g, 3 fois par jour, pendant 7 jours).

Le barotraumatisme de l’oreille moyenne est une pathologie fréquente en plongée, particulièrement au cours de la descente des premiers mètres, où la pression augmente rapidement. L’un des facteurs de risque majeurs est l’altération transitoire de la perméabilité de la trompe d’Eustache (en lien, par exemple avec une infection ORL).1 Il est possible de prévenir le barotraumatisme en réalisant fréquemment des manœuvres type Valsalva (expirer de l’air vers les trompes d’Eustache, en gardant la bouche fermée et le nez pincé). 

Les principaux symptômes sont l’otalgie, la sensation de plénitude de l’oreille, une autophonie, un bourdonnement et une légère hypoacousie ; une otorragie minime est possible en cas de perforation tympanique ; un vertige rotatoire fugace peut également être mis en évidence.1

L’otoscopie est indispensable et permet la stadification de la pathologie (figure).1

La prise en charge repose sur différentes thérapeutiques : décongestionnants nasaux et corticoïdes locaux ;1,2 antibiothérapie à large spectre (amoxicilline-acide clavulanique, ou pristinamycine en cas d’allergie) et corticothérapie générale à partir du stade 3 pendant sept à dix jours.2,3 Il n’est pas ­nécessaire de réaliser de décroissance de la corticothérapie.4 Une antibiothérapie locale à base d’ofloxacine est indiquée en cas de perforation tympanique (stade 5).1

Certaines restrictions temporaires doivent être mises en place après un barotraumatisme de l’oreille moyenne :

  • limiter les changements de pression (avion, train, manœuvre de Valsalva…) pendant une à deux semaines en cas de stades 1 à 3, et durant trois semaines en cas de stade 4 ;
  • en cas de perforation tympanique, l’avion n’est pas contre-­indiqué ;
  • la plongée ne peut être reprise qu’en cas de certitude de la cicatrisation du tympan et de l’efficacité des manœuvres de décompression.1
Références
1. Morvan JB, Rivière D, Vatin L, et al. Barotraumatisme de l’oreille moyenne. Rev Prat Med Gen 2016;30(957):187-9.
2. Truy E. Otites barotraumatiques. Rev Prat Med Gen 2006;20(738):812-3.
3. Handwerk T. Barotraumatismes de l’oreille moyenne et des sinus chez les plongeurs militaires français. Thèse de médecine, Marseille : faculté de médecine, Aix-Marseille Université, 2021.
4. Crickx E. Item 326. Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant. Partie : anti-inflammatoires et anti-hypertenseurs. Rev Prat 2017;67(9):433-42.
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