Gabriel, 3 ans, se plaint de douleurs au niveau des gencives depuis quelques jours.
L’examen clinique révèle une hypertrophie gingivale (figure, flèches vertes) et une incisive partiellement cassée (figure, flèche bleue).
À l’interrogatoire, la mère explique que cette anomalie est apparue il y a quelques mois. Elle révèle également que son enfant refuse les soins dentaires.

L’accroissement gingival d’origine buccodentaire est une pathologie fréquente. Elle est le plus souvent due à une mauvaise hygiène buccodentaire, pouvant induire ou potentialiser ce phénomène. 

Cliniquement, on objective une plaque dentaire correspondant à l’accumulation de bactéries au niveau du sillon gingival et de la surface coronaire des dents. À cet endroit, une gingivite érythémateuse est mise en évidence, localisée le plus souvent sur une seule partie – celle où le tartre s’accumule. En l’absence de prise en charge, une hypertrophie gingivale se développe, avec inflammation. Un saignement au contact peut survenir. Le patient consulte alors pour des douleurs dentaires ou des paresthésies. Dans certains cas, il est possible d’objectiver une majoration des fibres de collagène gingivales ; dans ce contexte, il est fondamental de rechercher une pathologie odontologique (carie, kyste ou granulome) mais aussi une parodontite.

La prise en charge repose le plus souvent sur le respect des règles d’hygiène buccodentaire avec brossage pluriquotidien des dents. Une consultation chez un chirurgien-dentiste est nécessaire pour rechercher un facteur favorisant (malposition dentaire pouvant aggraver la pathologie gingivale, par exemple) et traiter les pathologies odontologiques associées. Il est possible, surtout chez les adultes peu observants, d’effectuer une gingivectomie dès lors que les lésions deviennent chroniques. 

Pour en savoir plus
Couly G. Atlas des pathologies oro-maxillo-faciales de l’enfant, du fœtus à l’adolescent. Éd. Arnette, 2013. 

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