1. L’incidence de l’adénocarcinome du pancréas ne cesse d’augmenter. Il s’agira, d’ici à 2030, de la deuxième cause de décès par cancer dans les pays occidentaux.

2. Les facteurs de risque bien identifiés d’adénocarcinome du pancréas sont le tabagisme, le diabète de type 2, l’obésité, la pancréatite chronique et certaines mutations génétiques héréditaires. Cependant, ils n’expliquent que partiellement l’incidence croissante.

3. Les symptômes ne sont pas spécifiques, ce qui explique un diagnostic tardif à des stades avancés dans 80  % des cas  : tumeur localement avancée ou métastatique.

4. La douleur, l’altération de l’état général, la dénutrition sont des symptômes quasi constants au diagnostic.

5. Faire le diagnostic comprend un bilan d’extension (tomodensitométrie thoraco-abdominale) et une imagerie par résonance magnétique (IRM) hépatique pour chercher la présence de métastases en cas de tumeur localisée.

6. La biopsie de la tumeur principale ou d’une métastase doit être pratiquée systématiquement pour confirmation histologique, analyse moléculaire et recherche de cibles thérapeutiques d’intérêt.

7. La classification NCCN distingue quatre catégories de tumeurs selon les rapports vasculaires  : résécable (10  %), borderline (10  %), localement avancée (30  %) et métastatique (50  %), conditionnant la stratégie thérapeutique.

8. Le traitement en cas de forme localement avancée ou métastasique repose sur la chimiothérapie, après dosage de l’uracilémie et analyse du gène UGT1A1. 

9. L’immunothérapie reste peu efficace en raison d’une faible immunogénicité, en dehors de rares cas de tumeurs MSI-High ou dMMR. L’adénocarcinome du pancréas est une tumeur avec peu de néo-antigènes et une forte composante stromale immunosuppressive. La vaccination personnalisée contre des néo-antigènes spécifiques et les thérapies (inhibiteurs) ciblant les mutations de l’oncogène KRAS émergent comme stratégie innovante.

10. Les soins de support (prise en charge nutritionnelle, antalgique, psychologique, activité physique adaptée, soutien aux aidants, etc.) sont essentiels à la qualité de vie des patients et ont un impact prouvé sur la survie en améliorant notamment la faisabilité et la tolérance des traitements.