Déjà utilisés dans le diabète de type 2 et l’obésité, les agonistes du GLP- 1 pourraient aussi s’imposer dans les troubles de l’usage de substances (TUS).Une étude observationnelle a évalué l’association entre l’initiation d’un traitement par agoniste du récepteur du GLP- 1 (aGLP- 1) et deux objectifs principaux : la réduction du risque incident de TUS chez des patients sans antécédent de dépendance (protocole 1) et la diminution des complications cliniques liées aux TUS chez des patients déjà dépendants (protocole 2). Les TUS étudiés incluaient l’alcool, le cannabis, la cocaïne, la nicotine, les opioïdes, ainsi que d’autres substances (hallucinogènes, inhalants, sédatifs). L’hypothèse sous-tendant cette étude repose sur des données précliniques et cliniques suggérant un rôle modulateur du GLP- 1 sur les circuits cérébraux de la récompense et de l’addiction.Huit essais cliniques en vie réelle ont été menés à partir des dossiers électroniques du département des Anciens Combattants des États-Unis. La population source comptait 606 434 vétérans atteints de diabète de type 2, âgés de 65,3 ans en moyenne et majoritairement masculins (90,3 %). Les essais ont été menés comme suit :• protocole 1 : 7 essais parallèles ont comparé l’initiation d’un aGLP- 1 (n = 124 001) à celle d’un inhibiteur du SGLT- 2 (gliflozine) (n = 400 816) chez des patients sans antécédent spécifique de TUS. Le critère principal était l’incidence de chaque TUS sur une période de trois ans ;• protocole 2 : un essai unique sur 81 617 patients avec un TUS préexistant (aGLP- 1 : n = 16 768 ; gliflozine : n = 64 849 ) a comptabilisé les hospitalisations, les visites aux urgences et la mortalité liées aux TUS ainsi que les surdosages et les idéations suicidaires.Concernant la prévention des TUS (protocole 1), l’initiation d’un aGLP- 1 était associée à une réduction significative du risque incident pour tous les TUS étudiés, comparé aux gliflozines. Alcool : hazardratio (HR) = 0,82 ; cannabis : HR = 0,86 ; cocaïne : HR = 0,80 ; nicotine : HR = 0,80 ; opioïdes : HR = 0,75.Le risque composite de tous les TUS était réduit de 14 % (HR = 0,86).Concernant le traitement des TUS préexistants (protocole 2), les résultats indiquent que, chez les patients déjà dépendants, les aGLP- 1 réduisent significativement les visites aux urgences liées aux TUS (HR = 0,69), les hospitalisations (HR = 0,74), la mortalité (HR = 0,50 ), les surdosages (HR = 0,61) ainsi que les idéations ou tentatives de suicide (HR = 0,75).Ces résultats suggèrent que les aGLP- 1 pourraient jouer un double rôle : préventif, en réduisant l’incidence de divers TUS chez des patients diabétiques sans antécédent de dépendance, et thérapeutique, en diminuant les complications (hospitalisations, mortalité, surdosages) chez les patients déjà dépendants.Ces données observationnelles, bien que prometteuses, ne permettent pas encore de recommander les aGLP- 1 pour la prévention ou le traitement des TUS.

Références
BMJ 2026;392:e086886. Cai M, Choi T, Xie Y, et al. Glucagon-like peptide-1 receptor agonists and risk of substance use disorders among US veterans with type 2 diabetes: Cohort study. PMID: 41781010