Elle peut devenir invalidante du fait des douleurs et de la gêne fonctionnelle, mais aussi pour des raisons esthétiques.
Deuxième localisation de l’arthrose, elle touche surtout les interphalangiennes distales (IPD), puis les trapézométacarpiennes (TMC), les interphalangiennes proximales (IPP) et, enfin, les métacarpophalangiennes (MP). Elle est plus fréquente chez la femme, notamment en périménopause (67 % après 55 ans vs 55 % chez les hommes). Elle est prédictive d’autres localisations, en particulier coxarthrose (odd ratio [OR] : 3) et gonarthrose (OR : 1,6).1 Sa prévalence radiologique est estimée à 10 % dans la tranche d’âge 40-49 ans. Après 70 ans, elle serait de 90 % chez la femme et 80 % chez l’homme.2 Ses conséquences socio-économiques sont importantes – coûts directs (consultations, traitements) et indirects (arrêts de travail, invalidité…). Enfin, elle impacte la qualité de vie.3

Étiopathogénie

Le rôle des hormones sexuelles est avancé du fait de l’incidence accrue chez les femmes ménopausées.4
Génétique. Le risque relatif est doublé chez la sœur d’une femme souffrant d’une arthrose et multiplié par 6 chez une jumelle homozygote.
Autres facteurs. Un surpoids défini par un IMC > 27,4 semble associé à l’arthrose des IPP avec un OR à 1,4 (IC à 95 % : 1,2-1,7) après ajustement pour l’âge, le sexe et le tabagisme.5 Pour les IPP, lien connu avec certaines activités manuelles ou professionnelles (coiffeur, dentiste, tennis…). En revanche, pas de lien pour les IPD. La main d’un patient paralysé ne développe pas d’arthrose clinique ni radiologique. La maladie est plus importante au membre dominant.
La physiopathologie ne diffère pas de celle de l’arthrose commune : détérioration du cartilage, changements morphologiques de l’os sous-chondral et parfois inflammation synoviale. Deux grandes formes sont décrites : érosive et non érosive.

Atteinte des MP, IPP, IPD

Plusieurs symptômes peuvent être associés :
– douleurs souvent modérées de la face dorsale des articulations, d’horaire mécanique, à l’utilisation des doigts. Évoluant soit de façon chronique, soit par poussées d’allure inflammatoire accompagnées d’un dérouillage matinal de quelques minutes, elles sont entrecoupées de phases de rémission, même si la destruction articulaire radiologique est importante, donc sans parallélisme radio-clinique ;
– dysesthésies, engourdissement des extrémités digitales ;
– gonflement articulaire (synoviale et ostéophytes) ;
– déformation latérale et dorsale par des nodules pouvant toucher plusieurs doigts : Heberden sur l’IPD et Bouchard sur l’IPP ;
– désaxation latérale de l’articulation ;
– mobilité réduite par destruction du cartilage, à l’origine d’un enraidissement ;
– pseudokyste dit mucoïde,...

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR