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Il a dirigé la Bibliothèque interuniversitaire de médecine, puis, après la fusion de celle-ci avec la Bibliothèque interuniversitaire de pharmacie, la Bibliothèque interuniversitaire santé, de 2000 à avril 2018.

Quel est l’intérêt d’une bibliothèque de médecine quand l’internet permet d’avoir accès à la plupart des documents ?

Une bibliothèque a plusieurs fonctions. L’une d’elles est d’offrir un lieu de sociabilité, un endroit où les gens, en particulier les étudiants, peuvent se rencontrer, plutôt que de rester seuls devant leur écran d’ordinateur ou les pages de leurs livres. C’est la fonction classique de la salle d’études, qui perdurera. Manifestement, de nombreux étudiants l’apprécient, d’autant plus que la BIU est située en plein cœur de Paris, dans un quartier où ils peuvent trouver librairies, cafés, cinémas, etc.
Bien entendu, la bibliothèque permet de consulter ou d’emprunter de nombreux documents, imprimés ou pas. On ne trouve pas tout sur internet. Mais il est vrai que le web donne accès gratuitement à beaucoup de données, ce qui explique pourquoi étudiants et professionnels s’abonnent de moins en moins aux revues payantes.
Cela étant, il faut savoir chercher. Le web est devenu une jungle où coexistent le pire et le meilleur. Vous obtiendrez toujours des milliers de réponses en tapant quelques mots dans Google. Mais comment sélectionner les bonnes ? Cela s’apprend. Une bonne partie de l’activité des bibliothèques est la formation aux techniques documentaires, de recherche et de gestion de l’information, d’utilisation d’outils comme PubMed, de constitution de bases de références, de construction de dossiers rassemblant les fichiers pertinents pour un travail donné.
Elle s’adresse aussi bien aux étudiants qu’aux enseignants et aux professionnels. Nous organisons ainsi des formations à la demande de groupes, par exemple des internes en santé publique ou des kinésithérapeutes, ainsi que des séances pour les médecins généralistes, à des horaires compatibles avec leur activité (le soir ou le samedi, par exemple).
Nous avons également mis en place un système de questions-réponses et un service internet qui permet d’obtenir une réponse en 24 heures, assortie d’une bibliographie et de conseils, suggérant par exemple d’explorer telle ou telle piste de travail. La troisième fonction d’une bibliothèque est donc celle de formation et d’accompagnement à la recherche documentaire, qui n’est pas ou peu enseignée dans les cursus universitaires. Mais de plus en plus de facultés mettent en place ce type d’apprentissage, qui pose quelques problèmes : faut-il le faire en tutoriel, en présentiel, en ligne ? Doit-il être obligatoire ou optionnel ? Doit-on contrôler le travail des étudiants ? Etc. C’est une très grosse machine à construire.
Enfin, depuis plusieurs années, nous avons un service de numérisation du fonds documentaire. Contrairement à une idée reçue, ça n’est pas très difficile : il suffit d’avoir un bon scanner. En revanche, il faut décider de ce qui va être numérisé et surtout le rendre accessible et pérenne. Pour cela, les documents doivent être bien décrits, avec des métadonnées compréhensibles dans le monde entier, leur archivage doit permettre leur conservation dans la durée. Les placer sur un disque dur ne suffit pas : il ne sera peut-être plus lisible dans quelques dizaines d’années, parce que le matériel ou les standards logiciels auront changé. Nous faisons appel à un des quelques organismes français qui savent comment faire pour assurer une conservation utile sur le long terme.

Guy Cobolet

La BIU Santé travaille-t-elle avec d’autres bibliothèques ?

Oui, beaucoup....

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