Les troubles anxieux chez les adolescents ont des répercussions durables sur leur bien-être émotionnel, scolaire et social. Pourtant, leur lien avec les habitudes alimentaires, notamment la consommation de boissons sucrées, demeure peu exploré. C’est chose faite grâce à une revue systématique avec méta-analyse.

L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’association entre la consommation de boissons sucrées et les troubles anxieux chez les adolescents âgés de 10 à 19 ans. Une recherche systématique de la littérature a été menée parmi 6 bases de données majeures (Medline Complete, CINAHL Complete, Scopus, Cochrane Library, Web of Science et ScienceDirect) pour identifier les études publiées entre 2000 et 2025, en utilisant le cadre PEO (Population, Exposition, Outcome).

Neuf études ont été incluses dans la revue de la littérature, dont 7 transversales et 2 longitudinales, impliquant un total de 35 030 participants pour les études transversales et 38 161 pour les études longitudinales, issus de 5 pays différents. Par ailleurs, une méta-analyse a été menée sur 4 études, issues d’Iran, du Bangladesh et de Chine, rapportant des odds ratios (OR) pour une consommation quotidienne de boissons sucrées. La qualité méthodologique a été évaluée à l’aide de l’outil standardisé ROBINS-E (Risk of bias In non-randomised studies – of exposures), permettant d’identifier des biais potentiels.

Les résultats, publiés en février 2026 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics1, révèlent que 7 des 9 études rapportent une association positive significative entre la consommation de boissons sucrées et les symptômes d’anxiété. La méta-analyse, quant à elle, met en évidence un risque accru de 34 % de troubles anxieux (OR : 1,34 ; IC à 95 % : 1,14 - 1,59) chez les adolescents consommant régulièrement ces boissons. Les études longitudinales confirment un effet persistant, bien que modéré. Une étude note même qu’une adhérence aux recommandations nationales de consommation de boissons sucrées est associée à une réduction des symptômes d’anxiété, suggérant un effet protecteur.

Les mécanismes sous-jacents de cette association pourraient impliquer des processus neuro-inflammatoires, tels que l’augmentation de marqueurs inflammatoires (ex : IL- 6, TNF-α et leptine), liés à des régions cérébrales associées à l’anxiété. Ces réponses inflammatoires pourraient contribuer à une production excessive de monoxyde d’azote, qui a été corrélée à des comportements anxieux chez divers modèles animaux.

Cette revue systématique conclue à une association robuste entre la consommation de boissons sucrées et les troubles anxieux chez les adolescents. Ces résultats soulignent l’importance de cibler ce facteur modifiable dans les stratégies de prévention et d’intervention en santé publique. Cependant, les conclusions doivent être interprétées avec prudence en raison de la prédominance d’études transversales dans le corpus analysé – qui ne permettent pas d’établir une relation causale –, et de l’hétérogénéité des outils de mesure de l’anxiété et de la consommation de boissons sucrées qui limite la comparabilité des résultats entre eux.

Référence
1. Khaled K, Abdulbaki N, Almilaji O, et al. Sugar-sweetened beverage consumption and anxiety disorders in adolescents: A systematic review and meta-analysis. J Hum Nutr Diet 2026;39(1):e70217.

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