Les troubles anxieux chez les adolescents entraînent des répercussions durables sur leur bien-être émotionnel, scolaire et social. Pourtant, leur lien avec les habitudes alimentaires, notamment la consommation de boissons sucrées, demeure peu exploré.Une revue systématique avec méta-analyse a donc évalué l’association entre la consommation de boissons sucrées et les troubles anxieux chez les adolescents âgés de 10 à 19 ans. Une recherche de la littérature a été menée dans six bases de données majeures (Medline Complete, CINAHL Complete, Scopus, Cochrane Library, Web of Science et ScienceDirect) pour identifier les études publiées entre 2000 et 2025.Neuf ont été incluses, dont sept transversales et deux longitudinales, impliquant 35 030 participants pour les études transversales et 38 161 pour les études longitudinales, issus de cinq pays différents. Par ailleurs, une méta-analyse a été menée sur quatre études, issues d’Iran, du Bangladesh et de Chine, rapportant des odds ratios (OR) pour une consommation quotidienne de boissons sucrées.Les résultats révèlent que sept études rapportent une association positive significative entre consommation de boissons sucrées et symptômes d’anxiété. La méta-analyse met en évidence un risque accru de 34 % de troubles anxieux chez les consommateurs réguliers. Les études longitudinales confirment un effet persistant, bien que modéré. Une étude note même qu’une adhésion aux recommandations nationales de consommation de boissons sucrées est associée à une réduction des symptômes d’anxiété.Les mécanismes sous-jacents de cette association pourraient impliquer des processus neuro-inflammatoires, tels que l’augmentation de marqueurs inflammatoires (IL- 6, TNF-α et leptine), liés à des régions cérébrales associées à l’anxiété. Ces réponses pourraient contribuer à une production excessive de monoxyde d’azote, qui a été corrélée à des comportements anxieux en modèle animal.Cette revue systématique conclut à une association robuste entre la consommation de boissons sucrées et les troubles anxieux chez les adolescents. Ces résultats soulignent l’importance de cibler ce facteur modifiable dans les stratégies de prévention et d’intervention en santé publique.Cependant, les conclusions doivent être interprétées avec prudence en raison de la prédominance d’études transversales dans le corpus analysé – qui ne permettent pas d’établir une relation causale – et de l’hétérogénéité des outils de mesure de l’anxiété et de la consommation de boissons sucrées qui limite la comparabilité des résultats entre eux.

Références
J HUM NUTR DIET 2026;39(1):e70217. Khaled K, Abdulbaki N, Almilaji O, et al. Sugar-sweetened beverage consumption and anxiety disorders in adolescents: A systematic review and meta-analysis.PMID: 41664940