Et si le café, longtemps pointé du doigt comme facteur proarythmique, jouait en réalité un rôle protecteur dans la fibrillation atriale ? Pour la première fois, un essai randomisé a évalué l’effet d’une consommation modérée de café sur les récidives après cardioversion.Le café est traditionnellement considéré comme un facteur déclenchant de fibrillation atriale (FA), bien que des études récentes suggèrent un effet neutre, voire protecteur. Une nouvelle étude s’est ainsi proposé d’évaluer l’impact de la consommation de café sur la récidive de FA après cardioversion électrique, comparativement à une abstinence stricte de café et de caféine.Cet essai clinique randomisé, prospectif, ouvert, a été mené dans cinq centres hospitaliers universitaires aux États-Unis, au Canada et en Australie entre novembre 2021 et décembre 2024, avec un suivi final en juin 2025. L’étude a inclus 200 adultes (âge moyen : 69 ans ; 29 % de femmes) atteints de FA persistante ou de flutter atrial avec antécédent de FA, et consommateurs actuels ou passés de café, programmés pour une cardioversion électrique. Les patients ont été randomisés suivant un ratio 1 :1 entre deux groupes : intervention (encouragement à boire au moins une grande tasse de café caféiné [ou équivalent en expresso] par jour, sans modification intentionnelle de leur habitude de consommation) ou contrôle (abstinence totale de café [même décaféiné] et de produit contenant de la caféine).Le critère de jugement principal était la récidive cliniquement détectée de FA ou de flutter atrial sur une période de six mois. Les critères secondaires consistaient en la récidive de FA seule, la récidive de flutter seule et les événements indésirables (infarctus, AVC, hospitalisations, etc.).Les résultats révèlent une récidive de FA ou de flutter atrial chez 47 % des patients du groupe « Consommation » et 64 % du groupe « Abstinence ». L’analyse en intention de traiter montre un risque relatif de récidive réduit de 39 % dans le groupe « Consommation ». La récidive de FA seule était également réduite dans le groupe « Consommation ». Aucune différence significative n’a été observée concernant les événements indésirables, et aucun décès n’est survenu durant l’essai.Ces résultats suggèrent que, contrairement aux idées reçues, la consommation modérée de café pourrait être sans risque, voire bénéfique, pour les patients atteints de FA, sous réserve d’études complémentaires.

Références
JAMA 2026;335(4):317-25. Wong CX, Cheung CC, Montenegro G, et al. Caffeinated coffee consumption or abstinence to reduce atrial fibrillation: The DECAF randomized clinical trial. PMID: 41206802