L’efficacité des vaccins contre la Covid chez les plus de 65 ans est une question cruciale : cette population est particulièrement à risque de forme grave de la maladie, mais l’immunogénicité des vaccins est souvent moindre en raison de l’immunosénescence. Retour sur les résultats préliminaires des essais cliniques…

 

La sécurité et immunogénicité du vaccin mRNA-1273 (Moderna) ont été évaluées chez les personnes âgées dans une étude de phase 1. Quarante adultes, volontaires sains, ont reçu deux doses aux jours 1 et 28, soit 25 µg soit 100 µg. Les participants étaient stratifiés par âge (56 à 70 ans, ou plus de 70 ans). Une réponse immunologique a été observés chez tous les participants, plus importante chez ceux ayant reçu 100 µg : au 57e jour, la moyenne des titres des anticorps neutralisants anti-S-2P était de 1 183 066 chez les personnes âgées de 56 à 70 ans et de 3 638 522 chez celles qui avaient 71 ans ou plus. Ces réponses étaient similaires à celles précédemment rapportées chez les personnes vaccinées âgées de 18 à 55 ans et supérieures à celles d’un panel de sujets convalescents de l’infection à SARS-CoV-2. Les effets indésirables ont été légers à modérés : frissons, fatigue, céphalées, myalgies, douleur au site d’injection ; ils étaient dépendants de la dose, et plus fréquents après la 2e injection.

Pour évaluer le vaccin à ARN de Pfizer-BioNTech, un essai de phase 1, contrôlé par placebo, en simple aveugle, a inclus 195 adultes âgés de 18 à 85 ans. Des groupes de participants âgés de 18 à 55 ans et de 65 à 85 ans ont reçu des doses de 10 μg, 20 μg ou 30 μg de vaccin (ou un placebo) selon un schéma à deux doses (J0, J21) administrées en intramusculaire. L’étude a montré un effet booster systématique de la seconde injection, quelle que soit la dose de vaccin et la tranche d’âge. La réponse humorale (anticorps neutralisants) était moins bonne chez les 65-85 ans et les vaccins les plus dosés semblaient entraîner une meilleure réponse. Le pic d’anticorps était obtenu à J28 ou J35. Les taux au pic étaient toujours supérieurs à ceux obtenus dans un lot témoin de sérum issus de malades du Covid-19.

Pour ce qui concerne le vaccin AstraZeneca/Oxford (qui est, quant à lui, un vaccin à vecteur viral non réplicatif : adénovirus de chimpanzé), la phase 2 de l’essai vaccinal a inclus 560 sujets sains volontaires, repartis en 3 sous-groupes selon l’âge : 18-55 ans, 56-69 ans et 70 ans et plus. Les participants ont reçu soit le candidat-vaccin à faible dose ou à dose standard, ou un vaccin contrôle à méningocoque (soit 1 seule dose, soit 2 à 28 jours d’intervalle). Les résultats indiquent que le vaccin induit des anticorps neutralisants et une réponse cellulaire (de type T) dans tous les groupes d’âge. Les réponses IgG anti-spike ont augmenté au 28e jour et ont été renforcées après une deuxième dose. À J42 ou J56 après la dose de rappel, une activité neutralisante a été retrouvée chez tous les participants. La réponse humorale vaccinale est comparable à celle évaluée chez un groupe de malades Covid-19 pris comme témoin. La réponse cellulaire (lymphocytes T spécifiques) a atteint son maximum à J14.

Ces résultats, certes encourageants, doivent être confirmés par des études plus larges. À suivre…

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

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