Les principales toxicités des médicaments anticancéreux concernent les anthracyclines, les thérapies ciblées et l’immunothérapie.Les anthracyclines sont utilisées dans le traitement du cancer du sein, des lymphomes et de certains sarcomes. La principale complication est l’insuffisance cardiaque. Traditionnellement, leur cardiotoxicité est liée à la dose, irréversible et non sensible au traitement cardioprotecteur. Les données les plus récentes modulent ces éléments. Dans une méta-analyse, le risque à un an est de 5 %. Les facteurs prédisposants sont les suivants : antécédents cardiovasculaires, fraction d’éjection ventriculaire gauche inférieure à 54 %, âge avancé, hypertension artérielle (HTA), diabète, insuffisance rénale chronique, antécédents de radiothérapie ou de traitement par anti-HER2. Une cohorte danoise a mis en évidence une augmentation du risque de dysfonction ventriculaire au cours du temps, avec un risque à quinze ans de 17 % dans la population traitée (incluant insuffisance cardiaque, syndrome coronaire aigu et fibrillation atriale) versus 8,2 % dans une population avec facteurs de risque sans lymphome.Les effets indésirables cardiaques (insuffisance cardiaque, HTA, allongement de QT) lors des thérapies ciblées dépendent de leur type et mécanisme d’action. L’effet est indépendant de la dose administrée, sensible au traitement cardioprotecteur ; la poursuite ou la reprise de la thérapeutique anticancéreuse est envisageable avec ou sans minoration de la dose.La toxicité globale de l’immunothérapie est inférieure à 1 % et consiste en insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, infarctus, péricardite, myocardite, voire mortalité due à la myocardite liée à une infiltration lymphocytaire par des macrophages activés. La myocardite aiguë non fatale est une contre-indication à la reprise de l’immunothérapie.

Stéphane Ederhy, service de cardiologie, hôpital Saint-Antoine, Paris, France

20 mai 2025