Le dépistage organisé du cancer du sein par la mammographie a fait ses preuves mais fait l’objet de critiques. De nouvelles modalités techniques vont en améliorer l’efficience, en attendant l’avènement (lointain ?) d’un dépistage personnalisé.
Déjà plus de 15 ans que le dépistage organisé du cancer du sein est généralisé en France, avec des résultats que certains pourraient trouver médiocres, en occultant les particularités de notre organisation qui correspond à un système de « dépistage-diagnostic » décentralisé, en lien étroit avec la patiente et ses référents. En effet, outre les résultats en termes de nombre de cancers détectés (environ 16 000 en 2015) mais aussi de stade de découverte, avec l’impact sur les traitements proposés au patientes,1 ce dépistage a également entraîné une amélioration du matériel et du niveau de performances des radiologues grâce au contrôle de qualité obligatoire et à la formation des professionnels de santé. Cependant, les controverses mondiales sur le dépistage organisé du cancer du sein ne l’ont pas épargné et ont justifié en 2015 la mise en place d’une concertation scientifique et citoyenne. Cet exercice de « démocratie sanitaire » a engendré la publication par l’Institut national du cancer (INCa) en avril 2017 d’un « plan d’action pour la rénovation du dépistage », pour une action plus humaine, mieux coordonnée et personnalisée.2 Les dix axes portaient notamment sur une communication plus équilibrée sur les bénéfices et les risques du dépistage, une meilleure formation des médecins et des radiologues, une consultation de prévention à 25 et 50 ans, avec une implication plus importante des médecins référents et une levée des freins financiers ­portant sur l’échographie.
Ces propositions sont évidemment constructives mais ne répondent cependant que très partiellement aux problématiques et défis actuels du dépistage. La diminution dramatique du nombre de gynécologues et de médecins traitants dans de nombreux territoires rend d’autant plus importante l’existence d’un système de prévention efficace et reconnu. Le fait de recevoir tous les 2 ans une invitation à participer au dépistage du sein mais aussi du côlon et du col de l’utérus sont, pour certains concitoyens, le seul lien effectif avec une démarche de prévention. La régionalisation des structures de gestion départementales dans un centre régional de ­dépistage des cancers va sans doute permettre une ­homogénéisation des pratiques, déjà encadrées par un cahier des charges national très structurant, mais ne répond pas non plus à l’évolution souhaitée par les femmes et les professionnels.

De nouvelles modalités techniques

Actuellement réalisé par la mammographie associée à l’examen clinique et éventuellement l’échographie, le dépistage organisé du cancer du sein va évoluer, avec l’apparition de nouvelles technologies déjà en utilisation en mode diagnostique. Ainsi la tomosynthèse mammaire, développement de la mammographie numérique, permet d’améliorer la...

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