Vu ses effets bénéfiques indéniables, la pratique d’une activité physique ou sportive adaptée doit toujours être encouragée. Mais il est aussi vrai qu’une pathologie cardiovasculaire méconnue peut être révélée par un accident cardiovasculaire. Une prévention efficace de ces accidents paraît justifiée mais sa mise en place sur une très large population reste mal résolue.

Mort subite non traumatique liée au sport

La mort subite est généralement définie comme la survenue brutale, inattendue, non traumatique d’un arrêt cardiorespiratoire pendant ou dans l’heure qui suit une pratique sportive. En l’absence de témoin de l’accident, ce délai peut être prolongé à 24 heures. Si des gestes de réanimation précoces et efficaces sont effectués, le décès ne complique pas toujours l’accident.
La mort subite d’un sujet a priori en bonne santé du fait de son caractère choquant fait qu’elle est très médiatisée malgré son occurrence exceptionnelle, d’une part en comparaison avec les décès de causes accidentelles beaucoup plus fréquentes, et d’autre part par rapport au nombre de sportifs. On distingue les causes de mort subite non cardiovasculaires (30 %) et cardiovasculaires (70 %) qui seront seules détaillées ici. Le commotio cordis, arrêt cardiorespiratoire secondaire à un traumatisme sternal ou parasternal par un coup ou un projectile de petite taille, concerne surtout les très jeunes sportifs et sa prévention repose sur le port d’une protection adaptée.

Quelle incidence ?

La grande variabilité de leur mode de recueil explique que l’incidence précise des morts subites est très débattue. Leur incidence a longtemps été largement sous-estimée car le numérateur était établi à partir d’études rétrospectives fondées sur la consultation des médias et des données d’assurances n’incluant pas les arrêts cardiorespiratoires réanimés et que, de plus, le dénominateur, nombre de pratiquants sportifs le plus souvent ou de sujets, n’est pas établi avec précision. D’après les récents registres réalisés avec une méthodologie plus rigoureuse, l’incidence des morts subites serait comprise entre 1/50 à 80 000 pratiquants avant 35 ans et entre 1/25 à 50 000 pratiquants après 35 ans. Les morts subites ne dépasseraient pas 1 à 2 % des morts subites rapportées dans la population générale. En France métropolitaine le nombre annuel de morts subites dans la population générale est compris entre 800 et 1 200.1

Qui est concerné ?

Une surmortalité masculine, mal expliquée, avec un ratio hommes-femmes moyen de 6, est observée. La tranche d’âge entre 40 et 55 ans est la plus concernée.
D’autres facteurs favorisant la mort subite sont proposés comme un niveau de risque cardiovasculaire élevé, une pratique inhabituelle d’activité physique intense, des conditions climatiques difficiles, une pratique sportive en période fébrile et le non-respect d’éventuels ­prodromes. Les sports les plus concernés sont les plus pratiqués, course à pied et cyclisme en France, par des vétérans plus ou moins bien éduqués à une bonne ­pratique sportive. L’impact réel de la compétition, qui pourrait être dû à un temps d’exposition au risque plus élevé du fait de la pratique sportive plus fréquente, reste discuté. En résumé, aujourd’hui la mort subite dans la population générale touche surtout les hommes de 40 et 50 ans pratiquant un sport de loisir.

Quelles causes ?

Un sportif ne meurt pas par hasard, la mort subite qui révèle une cardiopathie arythmogène est pratiquement toujours due à une fibrillation ventriculaire qui dans plus de la moitié des cas est inaugurale, ce...

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