Diététique. Une plus grande consommation de fruits et de légumes est associée à une réduction du risque cardiovasculaire, mais à quelle quantité, pour quels produits et avec quels risques associés ?
Les repères internationaux de consommation de fruits et légumes préconisent la consommation quotidienne d’au moins 5 portions de 80 g de fruits et légumes. Cette recommandation est soutenue par de nombreuses études épidémiologiques, dans lesquelles une plus grande consommation de fruits et légumes est associée à une diminution du risque de mortalité de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de l’obésité. Cependant, plusieurs questions se posent. Existe-t-il un effet dose ? Au-delà de la quantité, existe-t-il des effets bénéfiques d’une diversité de fruits et légumes ? Est-ce que certains fruits ou légumes sont plus protecteurs ? Qu’en est-il des fruits et légumes transformés ? Est-ce qu’il y a un risque associé à une trop grande consommation d’un fruit ou d’un légume ?
L’objet de cette mise au point est de reprendre les éléments clés du rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES, 2016)1 sur l’actualisation des repères de consommations alimentaires du Programme national nutrition santé en complétant par des publications récentes sur les relations entre la consommation de fruits et légumes et les risques de maladies chroniques, en mettant l’accent sur les quantités, les types de fruits et légumes et les aspects « bénéfices-risques ».

Risque de maladies chroniques non transmissibles : les relations observées

Si les études d’observation ne permettent pas à elles seules de définir un lien de causalité, mais celui d’une plausibilité, les méta-analyses, synthétisant de manière exhaustive, rigoureuse, reproductible et quantifiée les résultats provenant de différentes études d’observation permettent de renforcer la notion de causalité probable. Ces méta- analyses sont de plus en plus nombreuses ces dernières années dans le domaine de l’alimentation et des effets sur la santé.
Le rapport de l’ANSES1 indique clairement que la consommation de fruits et légumes diminue le risque de maladies cardiovasculaires, avec un niveau de preuve convaincant. Leur consommation est par ailleurs associée à une diminution du risque de prise de poids, de diabète, de cancer colorectal, de cancer du sein de statut négatif vis-à-vis des récepteurs des estrogènes (ER-), avec un niveau de preuve suggestif mais limité.
Aucune relation n’a été définie entre la consommation de fruits et légumes et la santé osseuse. Cependant, une méta-analyse récente2 indique que la consommation de fruits pourrait être bénéfique pour la prévention de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées.
Enfin, dans le rapport de l’ANSES, aucune relation n’a été définie entre la consommation de fruits et légumes et la santé mentale (déclin cognitif, démence et maladie d’Alzheimer). Cependant, dans une méta-analyse ultérieure3 à ce rapport, une association inverse significative a été observée entre la consommation totale de fruits et légumes et le risque de dépression, ce qui supporte la recommandation d’augmenter la consommation de fruits et légumes pour améliorer la santé mentale.

Effets « dose »

Des questions demeurent sur la relation entre la dose consommée de fruits et de légumes et le risque de maladie cardiovasculaire, de cancer et de mortalité. Dans une autre méta-analyse,4 une consommation plus élevée...

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