La Haute Autorité de santé vient de préciser ses recommandations sur la priorisation des populations à vacciner, affinant son avis initial donné en juillet sur la base de nouvelles données : évolution du contexte épidémique, premiers résultats des candidats vaccins disponibles ou attendus à court terme et allocation limitée et progressive des doses de vaccins en France et en Europe.

 

Cette stratégie repose sur cinq phases et répond au double objectif de réduire la morbi-mortalité attribuable à la maladie (hospitalisations, admissions en soins intensifs et décès) et de maintenir les activités essentielles du pays, en particulier celles du système de santé. Elle a été élaborée sur la base de deux critères principaux : les facteurs de risque de forme grave de Covid (principalement l’âge et les comorbidités) et le risque d’exposition au virus.

Les trois premières phases critiques : 

– les résidents en EHPAD et leurs professionnels de santé ont la priorité absolue, étant donné qu’un tiers des décès dus à la Covid sont survenus dans ces établissements ;

– les personnes âgées et professionnels de santé de plus de 50 ans : les plus 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans avec comorbidité, puis les autres personnes de 65 à 74 ans, et poursuite de la vaccination des professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire (en priorisant les plus de 50 ans ou ayant une comorbidité) ;

– les personnes à risque (âge > 50 ans ou comorbidités) qui n’auront pas encore pu être vaccinées lors de ces deux premières phases, en priorisant éventuellement les professionnels des secteurs indispensables au fonctionnement du pays (sécurité ou éducation, par exemple) ;

Les personnes vulnérables et précaires et le reste de la population âgée de plus de 18 ans constituent les deux dernières phases de cette stratégie. Dans le premier groupe, la HAS recommande de favoriser notamment les professionnels dont l’environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos...) ou les personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d’infection par le SARS-CoV-2 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus...). Le dernier groupe (les plus de 18 ans sans comorbidité) pourraient ensuite être vaccinés, sous réserve que les allocations de doses soient suffisantes et aient déjà permis la vaccination des populations prioritaires.

La HAS rappelle en outre qu’à ce stade elle ne préconise pas de rendre cette vaccination obligatoire. Elle rappelle également que ces dernières recommandations évolueront avec les données disponibles, concernant notamment l’immunogénicité et l'efficacité des vaccins dans les différents groupes d’âge, ou la survenue de l’infection, la transmission et le risque de formes sévères. 

HAS. Vaccins Covid-19 : quelle stratégie de priorisation à l’initiation de la campagne ? Communiqué de presse du 30 novembre 2020.

À lire sur ce sujet 

Nobile C. Vaccins contre la Covid : où en est-on en France ? Entretien avec Odile Launay 🎤 Novembre 2020.

L.M.A., La Revue du Praticien