Le cartilage articulaire et l’os sous-chondral forment une entité fonctionnelle possédant des propriétés biomécaniques uniques. Cependant, en l’absence de toute capacité de restauration, une lésion cartilagineuse évolue vers un tissu fibreux qui favorise le développement d’une arthrose dans un délai variable. Les signes cliniques d’une lésion chondrale sont le plus souvent une douleur d’horaire et d’intensité variables avec blocage ou pseudoblocage s’il existe un fragment libre ou une irrégularité surfacique. Le choix thérapeutique dépend de l’extension de la lésion - appréciée au minimum par une imagerie par résonance magnétique (IRM) - et du retentissement fonctionnel de la lésion.Le traitement médical symptomatique (antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens) est temporaire. Le maintien d’une mobilisation articulaire favorise la trophicité du cartilage. Les mesures de préservation articulaire (réduction pondérale et absence d’exposition aux traumatismes) sont des propositions d’appoint.L’arthroscopie-lavage permet la résection de fragments détachés ou instables et la régularisation des surfaces articulaires dans les lésions diffuses.La refixation d’une fracture ostéochondrale après un traumatisme est la meilleure solution thérapeutique. La plastie en mosaïque est une autogreffe de l’unité fonctionnelle constituée par le cartilage, l’os sous-chondral et une colonne osseuse qui stabilise le greffon. Cette unité conserve théoriquement les propriétés biomécaniques au prix d’une morbidité modérée, mais il n’y a pas non plus d’intégration véritable de l’autogreffe.Les techniques de stimulation de l’os sous-chondral par microfractures sous arthroscopie ont pour but de favoriser un blastème de régénération qui évolue vers une métaplasie chondroïde. En pratique, il n’y a pas de fusion réelle du tissu de réparation avec les berges cartilagineuses et le cartilage néoformé n’a pas les propriétés biomécaniques du cartilage hyalin.Les injections intra-articulaires de cellules souches ou de plasma riche en plaquettes ont été proposées pour la gonarthrose, mais l’effet est surtout antalgique.Les boutons prothétiques métalliques permettent de combler la lésion cartilagineuse. L’appui complet, de même que la mobilisation sont autorisés immédiatement.Des implants sur mesure peuvent être obtenus à partir de données IRM, mais les séries cliniques sont très limitées.L’ingénierie tissulaire cherche à reconstituer les propriétés biomécaniques très spécifiques du cartilage hyalin en combinant des cultures cellulaires sur un support matriciel 3D, des cytokines et des facteurs de croissance au sein d’un laboratoire multidisciplinaire. Les applications cliniques sont encore lointaines, mais ces recherches ouvrent des voies thérapeutiques prometteuses, d’autant qu’aucune autre méthode ne permet actuellement de restaurer le potentiel biomécanique d’un cartilage lésé.

Didier Mainard, service de chirurgie orthopédique, CHRU de Nancy, Nancy, France

13 janvier 2026