Chantal, 65 ans, vit à la rue depuis 1 mois. Les travailleurs sociaux qui la prennent en charge ont observé des lésions pigmentées prurigineuses et non symétriques au niveau de ses deux jambes ; elles sont apparues il y a deux ans, selon la patiente (figure).
Un bilan biologique objective une glycémie à 2,3 g/L et une hémoglobine glyquée à 11 %. Une biopsie d’une de ces lésions est effectuée.

La dermatose perforante acquise est une pathologie peu commune, observée le plus souvent chez des patients ayant une insuffisance rénale terminale (70 % des cas) et/ou un diabète (50 % des cas). Elle peut également faire suite à des traumatismes itératifs ou à la prise de certains traitements (anti-TNFα, inhibiteurs de la kinase ou EGFR, sirolimus). 

Cliniquement, des nodules ou des papules hyperkératosiques sont retrouvés, surtout au niveau des membres inférieurs. La lésion type est une papule ombiliquée mesurant de 1 à 10 mm de diamètre avec un bouchon corné central très adhérant. Le nombre de lésions est très variable, et leur couleur peut être rouge ou brune. Ces formations sont souvent associées à un prurit (70 % des cas), lequel génère un prurigo nodulaire (formation hyperkératosique).

Sur un plan histologique, une invagination de l’épiderme avec expulsion de matériel nécrotique basophile du derme est constatée. Par ailleurs, il peut exister une réaction inflammatoire au niveau du site de perforation. 

La prise en charge initiale, symptomatique,repose sur l’administration d’émollients, de dermocorticoïdes, voire de rétinoïdes locaux. En deuxième intention, il est possible de recourir à la puvathérapie, ou aux rétinoïdes oraux avec une efficacité variable. La prise en charge de la pathologie primitive permet par ailleurs d’améliorer cette dermatose.

Pour en savoir plus
Meddeb Z, Souissi A, Derbel F, et al. La dermatose perforante acquise : une manifestation cutanée rare au cours du diabète. Rev Med Interne 2015;36:A100-1.

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